Vendredi 13 juin 2008
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/2008
00:44
"De certains hommes on dit qu'ils sont perdus. Perditos. Ils sont comme des trous d'acide dans la vie sociale accoutumée."
Pascal QUIGNARD - Les Ombres errantes
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Vendredi 30 mai 2008
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/2008
10:12
"Je me suis dit : 'Je vais aller y voir. Je vais aller voir ce que j'ignore. Mes lèvres vont trembler. Je vais souffrir. Pourquoi pas ?'"
Pascal QUIGNARD - Les Ombres errantes
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Lundi 19 mai 2008
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/2008
12:30
"In umbra voluptatis lusi.
J'ai joué à l'ombre des plaisirs."
Pascal QUIGNARD - Les Ombres errantes
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Vendredi 25 avril 2008
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00:03
"J'avais deviné depuis notre premier regard qu'Aliénor Champlain était une fille de l'ellipse, du langage codé, de la mise à l'épreuve verbale, le genre à ne pas vous pardonner un échange banal.
Aussi, tout comme elle ne m'a pas dit : 'Est-ce que je vous réveille ?', j'ai évité de lui demander des choses comme : 'Où est-ce que vous avez eu mon numéro de téléphone ?' ou : 'Comment se
fait-il que vous m'appeliez, alors que vous m'avez à peine dit au revoir tout à l'heure ?'."
Nicolas FARGUES - Beau Rôle
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Vendredi 11 avril 2008
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/2008
12:06
"Tim — Un animal horrible ? mais quelle sorte d'animal, Nob ? Cela ressemble certainement à quelque chose.
Nob — Non, justement, Tim. Je t'assure que cela ne ressemble à rien de ce que nous avons pu voir jusqu'à présent.
Tim — Mais cela peut attendre le matin, Nob, cela peut certainement attendre le matin.
Nob — Non, Tim, je ne pense pas. Je ne sais pas que faire et... j'ai peur.
Tim — Peur, Nob ? Toi ? Tu as peur ?
Nob — Oui, j'ai peur. Viens donc, Tim. Nous déciderons ensemble ensuite de ce que qu'il conviendra de faire. N'es-tu pas mon meilleur ami, Tim ? J'ai besoin de toi."
Agota KRISTOF - Le Monstre
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Dimanche 3 février 2008
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13:06
"A genoux dans l'herbe face au vide, la gueule du fusil dans la bouche, il est secoué de tels tremblements que ses dents claquent à se briser sur l'acier du canon.
Non, ce n'est pas du froid de la mort qu'il trembre ainsi. S'il tremble, s'il grelotte sans plus de contrôle sur son corps que sur une mécanique soudain devenue folle, c'est du désir inouï, de
l'impérieux désir d'être percé, fouillé, fouaillé jusqu'à éjaculer dans des râles plus âpres que ceux de l'agonie cette lave atroce et délicieuse qui bout en lui."
Michel MANIERE - Une Maison dans la nuit
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Samedi 2 février 2008
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00:17
"Je suis la pente de mes désirs et de ma curiosité. Et je ne crains pas le châtiment. Le châtiment est une dernière récompense. Que mon sang inonde la terre autour de l'échafaud et la
preuve sera faite que j'aurai été plus grand que moi-même."
Nikolaj FROBENIUS - Le Valet de Sade
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Mercredi 30 janvier 2008
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12:57
"Leurs mots, c'est comme leurs mains, ça surgit de partout, de nulle part. Des mains, hier soir, il y en eut sous sa nuque, sur son front, sur ses mains, il y en eut pour la remettre au lit, tirer
les draps sur son menton, délimiter le strict espace de son sommeil et le fermer aux quatre coins.
Des mots, il y en eut de toutes sortes, de violents à faire peur, de poisseux à vomir et de tendres à pleurer.
Ce matin, le Docteur est venu.
On a ouvert comme à chaque fois le chemin devant lui, déroulé sous ses pieds les tapis. Il s'est penché au-dessus d'elle, lui a souri d'un mince sourire en posant sur sa peau ses instruments
glacés. Ses mains, il les a imposées."
Michel MANIERE - Une Maison dans la nuit
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Dimanche 7 octobre 2007
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15:27
"La solitude est en nous comme une lame, profondément enfoncée dans les chairs. On ne pourrait nous l'enlever sans nous tuer aussitôt. L'amour ne révoque pas la solitude. Il la parfait. Il lui
ouvre tout l'espace pour brûler. L'amour n'est rien de plus que cette brûlure, comme au blanc d'une flamme. Une éclaircie dans le sang. Une lumière dans le souffle. Rien de plus."
Christian BOBIN - Eloge du rien
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Vendredi 3 août 2007
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/2007
19:27
"Il fait des bonds en hurlant qu'il va bien. Ses yeux sont exorbités de colère. Il est effrayant à voir. Lui aussi, alors ? Oui, lui aussi est fou. Je suis donc le seul à être normal. Il n'y a
plus que moi. Ou peut-être même pas ? Le doute s'est installé."
François Berléand - Le Fils de l'Homme invisible
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