
Mardi 17 Mai, jour 3 : Mutianyu - Pékin
Départ à laube sous un ciel pluvieux pour la Grande Muraille à Mutianyu (90 km au NE de Beijing). Le chauffeur est dune délicatesse rare, à croire que le passage de trous avec minibus est un sport national. Arrêt à une fabrique de «cloisonné» (comprenez Vase Ming). Bon, je simplifie. Disons que souvent quand vous voyez une chinoiserie avec une séparation des couleurs cuivre ou or, vase, assiette ou animal, il sagit de «cloisonné».

La base est en cuivre, on y fixe des séparations en fil de cuivre puis on place la couleur et on émaille. Ce détour est
avant tout loccasion pour le guide de toucher sa commission sur les ventes réalisées.
Nous arrivons à la Grande Muraille sous la pluie. Je note la surprise et lamusement de mes interlocuteurs quand je dis deux mots en chinois. Je finis par acheter un parapluie plus solide que celui acheté la veille. Je sais quil faut que je marchande mais je nai pas trop le cur à ça. Résultat : 20 yuans déconomisés soit léquivalent de 2 euros, pathétique.

Arrivé en haut par le téléphérique, limpression de gigantisme nest pas au rendez-vous comme si la télé et ses documentaires mavaient déjà procuré une image magnifiée, faussée. Peut-être le mauvais temps joue-t-il aussi en notre défaveur.
Les marchands du temple qui se partagent la moindre parcelle du chemin des touristes pour y monter et en descendre ont des arguments commerciaux virulents. A leur décharge, ils vendent tous exactement la même chose.
Nous finissons par aller déjeuner dans un bouiboui où les contrôleurs des services sanitaires français ny feraient pas manger leurs chiens. Le repas est néanmoins bon et consistant.
Laprès-midi est longue. Nous commençons par nous perdre en minibus dans les petites rues de montagne avant de faire demi-tour (au bout dune heure) pour visiter les tombeaux des Ming à Changling où je maperçois que les jardiniers fabriquent des tuteurs aux branches tombantes des arbres. Pour que cela reste joli dans le jardin, les armatures de métal sont recouvertes de ciment, lui-même sculpté comme un tronc naturel. Jai même réussi à demander à « lartiste » de poser pour moi. 
Malheureusement en dépit de lheure, ce nest pas fini... et la dernière visite de la «Voie des Esprits (Shandao)» est fatale à mon appareil photo qui vole littéralement avant dexploser sur le bitume. Je rage. Je suis un peu choquée. Décision est prise daller en acheter un autre avant que les magasins ne ferment. Tout cela est loin de menchanter, mais ce tour de Chine sans photo perd de son intérêt.
Sur le chemin des grands magasins, je fais la connaissance dune charmante personne qui me dit aimer lEurope et la France. Son professeur de dessin est allé plusieurs fois en France, me dit-elle. Elle se propose de maccompagner pour maider à acheter un appareil photo sous prétexte que les vendeurs ne parlent pas anglais. Nous nous retrouvons alors dans un de ces nombreux «corner shop» où il ny a bien sûr pas la marque de mon défunt appareil. Après moult discussions du style «je veux un appareil qui accepte les cartes comme ça» et «quest-ce que cest comme batterie ?» et «oui mais je veux un zoom optique de 5 ou +» et «je fais comment pour recharger la batterie une fois rentrée en France ?» et tout cela traduit par ma «guide». Je finis par prendre un Panasonic avec optique x 12, au même prix quen France
La différence cest la commission quempochera ma traductrice le lendemain.
Mon accompagnatrice et nouvelle «amie» décide alors de nous présenter les uvres exposées par son professeur et accessoirement de nous en vendre quelques-unes. Bonne pâte, jy consens même si je sais que le prix est un prix pour occidental et non un tarif damis. Ceci dit, Lisa, développe des talents de commercial rarement vus en Europe. Si vous avez quelque chose à vendre, vous pouvez la contacter de ma part. Je pense quelle vous vendrait la Tour Eiffel
Nous finissons par nous sortir à grand peine de ses griffes acérées non sans quelle mait remis son numéro de portable. Nous errons le ventre vide et les mains chargées jusquà un grand hôtel luxueux. Vu lheure tardive, il ne reste plus que la boutique de grillades dans les ruelles ou les restaurants pour étrangers des Palaces
Je parviens même à y boire du vin blanc de la région dont, ma foi, je maccommode et à y manger un tiramisu qui na ditalien que le nom. Nous rentrons à lhôtel à pied par de petites ruelles où les gens mangent, jouent ou discutent encore après 22 heures en toute quiétude.
Il faut noter létonnement de notre maître dhôtel dans le restaurant du Palace quand je lai interpellé en lui disant « excusez-moi » en chinois
car cest une traduction littérale qui ne semploie pas.
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