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"Geai était morte depuis deux mille trois cent quarante-deux jours quand elle commença à sourire."

 

Christian BOBIN - Geai

 

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Les photos du thème "Abandon, ou lumière sur la matière" ont été exposées à l'atelier-Musée Adzak à Paris en Mars 2007. 

   

Participation au projet Sot la Mer « Regarde, le monde t’appartient ».

 

expo

Les photos du carnet de Chine ont été présentées lors des 4e Rencontres photographiques de Ghar El Melh, en Tunisie, du 28 Juin au 2 Juillet 2006 et début septembre à l'espace Choof, à Tunis.

Une thématique Focus tunisien a été exposé aux 6e Rencontres en juin 2008.

 

Toutes photos by Mcwp sauf illustrations d'articles pour les artistes, produits, présentés. Les photos et peintures présentées ne sont pas libres de droits de reproduction. Merci à vous de me demander l'autorisation pour toute utilisation. 

   

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Littérature

Mercredi 2 mai 2007 3 02 /05 /Mai /2007 15:42

"Don Juan. Ton coeur n'a pas connu ce qu'a connu le mien.

La Petite. Votre coeur ? Il est muselé depuis si longtemps. Si l'on défaisait les lanières, il ne parlerait pas, il hurlerait de douleur.

Don Juan. Alors mieux vaut peut-être le laisser ainsi.

La Petite. Les sangles lui entrent dans les chairs, il saigne quand même. C'est une longue agonie, Don Juan.

Don Juan (étrangement sincère). Je le sais."


Eric-Emmanuel SCHMITT
- La Nuit de Valognes

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Samedi 14 avril 2007 6 14 /04 /Avr /2007 12:22

"Ne doutant plus que j'allais être jeté sous peu dans quelque mare ou décharge sauvage / mais avec la sérénité d'un candidat à la mort qui a eu tout loisir de réviser le cours de son existence et eu le bonheur d'entendre une dernière fois le vent fricoter dans les maïs de l'Illinois / je me résignai de bon coeur à achever bêtement ma carrière de raté."

Jean-Yves Cendrey - Les Jouissances du remords

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Samedi 17 février 2007 6 17 /02 /Fév /2007 12:46

"Son ennemie possède son coeur et il aime la personne qui le déteste le plus au monde. La dame a bien vengé la mort de son époux et pourtant elle ne le sait pas. Sa vengeance est encore plus grande qu'elle ne l'aurait imaginée puisque Amour la venge en attaquant doucement le meurtrier frappé aux yeux et au coeur. L'effet de ce coup est plus durable que celui qu'occasionne une lance ou une épée. Un coup d'épée se guérit et se soigne rapidement dès qu'un médecin s'en occupe, mais la plaie d'Amour empire lorsqu'elle se rapproche de son médecin."

Chrétien de Troyes - Yvain ou le Chevalier au Lion.

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Samedi 9 décembre 2006 6 09 /12 /Déc /2006 16:02

"J'ai compris à ce moment que j'avais vécu jusqu'alors dans la jouissance d'une liberté dont j'ignorais l'étendue et les plus communes applications, voire l'exacte et quotidienne dimension."

[...]

"Mon temps terminé, je sortais de la prison. Je ne sortais pas de prison. Jamais je n'ai senti aussi intensément dans la langue l'immense perspective ouverte ou fermée selon la présence ou l'absence d'un simple article défini."

Philippe Claudel - Le Bruit des trousseaux

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Vendredi 24 novembre 2006 5 24 /11 /Nov /2006 14:10

"J'aurais jamais dû prendre un café après mon onglet froid. J'étais assis dans un wagon du métro et mon ventre était assis sur la banquette d'à côté."

 

"Ma part d'intelligence, je la donne à ceux qui en veulent vraiment. Qu'ils en fassent ce que bon leur semble. Qu'ils la prennent pour une guerre. Pour un crime. Pour se vanter davantage. A chaque folie meurtrière recommencée dans le monde, l'homme est un peu plus con qu'hier. Et je ne veux pas être de ceux-là. Je ne veux pas être supérieurement intelligent."

 

"Décidément on était con partout dans le monde. Mais j'avais bien l'impression qu'on était un peu plus con autour de moi."

 

"Si j'avais eu des amis, ils en auraient été impressionnés de mon idée. Peut-être même que je serais devenu le chef de mon groupe d'amis."

 

Samuel BENCHETRIT - Récit d'un branleur

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Samedi 4 novembre 2006 6 04 /11 /Nov /2006 14:18

"Comment dessiner l'attente ? Une ligne droite illimitée, qui ne s'appuie sur rien ? Sur la feuille, il ne reste que le souvenir. Blanc et carré. Mais il pourrait y avoir un dessin. Un chat ou un chien. Ou un enfant et une maison. Mais on a commencé à tracer une ligne. Maintenant on ne peut plus s'arrêter."

Andreï GUELASSIMOV - La Soif

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Vendredi 27 octobre 2006 5 27 /10 /Oct /2006 13:20

"Je leur donnais dix ans et les regardais grandir, j'écoutais le balbutiement avec lequel elles essayaient d'apprendre à manier les mots et les vieilles constatations, avec lequel elles essayaient de créer les vulgarités et les lieux communs indispensables pour peupler le monde inédit, détérioré et sale de marques qu'elles construisaient irrémédiablement, au fur et à mesure qu'elles agissaient et acceptaient de respirer, lui donner des formes et des murs."

Juan Carlos ONETTI - Demain sera un autre jour (Nouvelles)

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Dimanche 22 octobre 2006 7 22 /10 /Oct /2006 23:03

"La vie est un bain d'eau glacé dans lequel on te plonge la tête un beau jour jusqu'à ce que tu t'y fasses"

Nicolas FARGUES - J'étais derrière toi

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Dimanche 15 octobre 2006 7 15 /10 /Oct /2006 12:53

"Je vais vite là, je schématise trop, je te passe l'effondrement psychologique et physique d'Alexandrine dans la seconde même où je lui annonçais la nouvelle, le choc palpable, terrible, dans ses yeux et sur tout son visage tandis qu'elle s'apprêtait à mettre au four un quatre-quarts pour toute la famille. Je te passe mon envie instantanée de mourir de l'avoir mise dans cet état, la conscience brutale d'avoir rompu l'équilibre du monde, d'avoir brisé la confiance d'une façon irréversible, d'avoir commis un véritable sacrilège, je te passe la sensation d'apocalypse, de pénétrer dans les flammes de l'enfer, il n'y a pas d'autre image pour exprimer ça, le cauchemar vivant, les cinq secondes déterminantes de mots prononcés que tu voudrais effacer, ces cinq secondes fatales qu'en vain tu voudrais réécrire pour que tout redevienne exactement comme avant, pour que tout ne soit qu'un mauvais rêve."

Nicolas FARGUES - J'étais derrière toi

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Jeudi 12 octobre 2006 4 12 /10 /Oct /2006 13:04

"Le progrès a toujours consisté à rendre la vitesse plus grande, l'horreur plus excessive, la vie plus folle, le fini plus infini. La vie est malade d'infini est comme mise par lui à un rythme qui bientôt même ne sera plus viable.
[...]
Mais le malheur a fait tant de progrès que tout le monde l'admire. Et le bonheur, tout le monde le cherche, mais à folle allure, monté sur le malheur, alors qu'il faudrait descendre et s'arrêter pour l'avoir."

Pierre BETTENCOURT - La Terre de Feu

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