Vendredi 19 février 2010
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Drame / Film historique
Avec : Mélanie Laurent , Gad Elmaleh , Jean Reno...
Durée : 1h59 min
La Rafle, film réalisé par Rose Bosch, sortira sur les écrans le 10 mars.
Hier soir, un groupe de blogueurs dont je faisais partie a été convié par Gaumont (et moi, grâce à aratta) pour une avant-première sur un pan de l'Histoire de France encore peu révélé.
Nous étions venus dans un esprit bon enfant, nous en sommes repartis un peu bousculés. Pourtant nous savions quel était le thème du film : la rafle du Vel d'Hiv, l’arrestation organisée par la
police française, la faiblesse de Pétain face à Bousquet, le fichier Tulard et la déportation de plus de 13000 juifs les 16 et 17 juillet 1942.
La réalisatrice qui semble à bout de force vient nous dire quelques mots et présenter son travail. Elle nous confie qu’il paraît que nous sommes une sorte de société secrète, nous, blogueurs,
avec ses codes. Cela nous amuse, d’autant plus que nous avons certainemant tous lu grâce à Twitter le mot d’André
Gunthert en réponse a un certain article de Libé, prévoyant notre fin imminente.
Lorsque Rose Bosch nous parle de son film, nous comprenons que ce devoir de mémoire est une réelle aventure humaine : 3 ans et demi de recherches et 5 ans d’émotions à
porter à bout de bras. Elle nous parle de sa volonté de véracité, d’être au plus juste dans la restranscription de ce qui s’est passé, qu’elle n’a rien inventé : « non, je n’ai pas eu à
forcer le trait, c’est réellement ça et même dans les détails, dans tous les petits détails ».
Elle nous raconte qu’elle a également essayé de refilmer à l’identique les scènes d’archives comme les images d’Adolf Hitler avec Eva Braun à Berghof car il est
vrai qu'on se souvient de ces scènes.
Ce devoir de mémoire était urgent, nous dit-elle, car il ne reste que très peu de survivants pouvant témoigner de l’authenticité des événements et de leur enchaînement. Ce qui s’est passé,
au delà du sentiment de culpabilité des survivants et du silence d’un pays libéré plus enclin à la joie, vaut davantage que quelques lignes dans un manuel d’histoire.
En acceptant d'aller voir ce film, on redoute le sordide ou l’étouffement. On pense à «Blindness», issu du livre l’Aveuglement de José Saramago, film opressant sur
l’enfermement et les rapports de domination dans un milieu confiné. On pense au film «La Route» issu lui aussi d’un livre, le Prix Pulitzer de Cormac McCarthy, où la peur est
palpable et la barbarie bien trop reconnaissable. Mais le film de Rose Bosch ne s’attarde pas sur l’horreur, la délation ou la mesquine cupidité. Et pourtant cela aurait été si
facile. Non, il montre les faits mais s’attache à l’humanité de chacun, au positif, à une image à hauteur d’enfant.
Rose Bosch nous a aussi révélé qu’elle n’a pas voulu raconter aux enfants, à ces petits acteurs, ce qu’ils jouaient réellement pour protéger leur innocence, qu’elle leur a juste
dit : «il y a les méchants et il y a vous». Ce souci du respect de l’enfant traduit bien sa position génereuse et respectueuse face à la vie, et cela se voit et se ressent dans le film.
La seule chose qui dessert l’intensité de ce film c’est sa bande son, bien trop présente et aussi peu naturelle que des rires enregistrés dans les sitcoms. En lieu et place des violons, une
absence de musique à certains moments aurait sans doute laissé plus sûrement l’ampleur dramatique se mettre en place.
Mais j’ergote. Ce film nous apprend des choses, nous pose des questions. Allez-y, vous vous ferez une idée.
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