Amuse-bouche

 

"Geai était morte depuis deux mille trois cent quarante-deux jours quand elle commença à sourire."

 

Christian BOBIN - Geai

 

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Les photos du thème "Abandon, ou lumière sur la matière" ont été exposées à l'atelier-Musée Adzak à Paris en Mars 2007. 

   

Participation au projet Sot la Mer « Regarde, le monde t’appartient ».

 

expo

Les photos du carnet de Chine ont été présentées lors des 4e Rencontres photographiques de Ghar El Melh, en Tunisie, du 28 Juin au 2 Juillet 2006 et début septembre à l'espace Choof, à Tunis.

Une thématique Focus tunisien a été exposé aux 6e Rencontres en juin 2008.

 

Toutes photos by Mcwp sauf illustrations d'articles pour les artistes, produits, présentés. Les photos et peintures présentées ne sont pas libres de droits de reproduction. Merci à vous de me demander l'autorisation pour toute utilisation. 

   

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Littérature

Mercredi 12 octobre 2005 3 12 /10 /2005 00:00

"Ne rien attendre - sinon l'inattendu. Ce savoir-là me vient de loin. Ce savoir qui n'est pas un savoir, mais une confiance, un murmure, une chanson. Il me vient du seul maître que j'aie jamais eu : un arbre. Tous les arbres dans le soir frémissant. Ils m'instruisent par leur manière d'accueillir chaque instant comme une bonne fortune. L'amertume d'une pluie, la démence d'un soleil : tout leur est nourriture. Ils n'ont souci de rien, et surtout pas d'un sens. Ils attendent d'une attente radieuse et tremblée. Infinie."

Christian BOBIN - Eloge du rien

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Mardi 25 octobre 2005 2 25 /10 /2005 00:00

Un point sur mes dernières lectures :

Trois des livres dont je vous avais déjà parlé il y a quelques temps ont été dévorés, lus, en phase de digestion.

 

"Un homme heureux" de Arto Paasilinna est une histoire dont on fait les films : la vie d'un village et de sa communauté et les déboires de l'"étranger", venu y travailler et qui n'aura de cesse de se venger des mauvais tours qu'on lui a joués. Les personnages sont truculents et rien n'est jamais bien sombre dans cet univers où le travail et les bons sentiments triompheront toujours - même si la morale doit se plier aux besoins de la cause.

 

 

 

 

"Les Grands-mères" de Doris Lessing est la révélation d'un secret de famille - devrais-je dire, de deux familles. De morale et de réputation, il n'est pas question. Mais les liens mêlés des protagonistes nous placent à la surface des conventions et des attitudes que l'on doit afficher en société, quand les faux-semblants prêtent à de multiples interprêtations. Le style est vif, incisif et dépouillé de jugement. Une écriture moderne pour cette dame respectable, née en 1919...

 

 

  

 

"Les jouets vivants" de Jean-Yves Cendrey.
Vous trouverez mon avis sur ce livre dans la Castalie.

 

 

 

 

 

 

 

J'ai aussi lu très rapidement les petites histoires distrayantes et un peu loufoques de Robert Benchley, à savoir "Psychologie du pingouin" dont nous a déjà parlé Barbabella et "L'expédition polaire à bicyclette". Ces deux petits opus devraient parvenir à vous faire sourire entre deux trains, deux bus ou en attendant de rentrer dans le cabinet du dentiste...

    

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Jeudi 27 octobre 2005 4 27 /10 /2005 00:00

"Il avait sa syntaxe très personnelle et travaillait à l'imposer, pilonnant celle de l'autre sous les marteaux qu'étaient devenus ses poings. C'était un sourd qui frappait sur un clavier les mots qu'il avait lus sur des lèvres sans les regarder. C'était un traducteur libre au guidon d'une moissonneuse boiteuse qui divagait dans le champ de la littérature policière. Il s'embourbait dans les dates. Il confondait les personnages."

Jean-Yves CENDREY - Les Jouets vivants

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Vendredi 4 novembre 2005 5 04 /11 /2005 00:00

"Le temps a vite fait de délaver une âme, lui jetant à pleins seaux les parents, les femmes, les amis. Trop de rencontres, trop de sentiments à peine ébauchés, trop de passions recopiées d'une années sur l'autre, vous laissent bientôt le coeur frigide, incapable d'élan, souriant de la vie qui se cabre encore en vous au-dessus des précipices.

Il me suffit de revoir ton regard, toujours de la même qualité et de la même pureté, pour me sentir fouetté par lui, pour rejeter comme des housses tous les états d'âme dont j'ai pu me couvrir depuis notre dernière rencontre, et vouloir m'exposer à toi dans toute ma beauté. Mais qu'est-elle devenue ? Car j'aurais voulu être merveilleux pour te plaire, et tu es passée, et depuis je n'ai jamais cherché à savoir qui j'étais.

Mais je suis encore quelqu'un, la vie ne m'a pas encore tout entier recouvert, il me suffira d'un souffle pour que le sable du temps s'envole et que je revienne à moi."

Pierre BETTENCOURT - L'Intouchable

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Jeudi 10 novembre 2005 4 10 /11 /2005 00:00

Je voulais vous donner mon avis de ce livre de Paul Jimenes mais en parcourant le web, j’ai trouvé une excellente critique qui, de plus, est assez proche de ma vision des choses.
Il y a de petites choses très burlesques dans ce roman, où on apprend que fumer provoque la rétractation des gencives, qu’une loutre domestique peut se faire écraser par un routier un 23 décembre ou que la Pologne pourrait devenir le 51e Etat américain en raison de la présence commune de bisons dans ces lieux.
On trouve des passages très dynamiques, des «trouvailles», des raccourcis d’idées, mais cela est malheureusement contrebalancé par la provocation récurrente d’un narrateur arrogant – que l’auteur nous dépeint comme «suffisant» - dont on se passerait volontiers. L’ensemble n’est finalement pas très homogène et la rupture de ton finit par lasser. Je le regrette parce qu’il y a des choses intéressantes, voire même une sorte d’autodérision littéraire. Mais ces maladresses ne sont peut-être que les défauts d’un premier roman…

 

Quelques citations et exemples de style :

« Et c’est le cœur léger comme une pierre ponce que j’escaladai les cent quatre marches qui menaient à ma chambre, un modeste meublé de la rue de Charonne, dix mètres carrés qui servaient de quartier général à ma guerre larvée contre la société. »

 

« Dans l’ombre, d’obscurs gonzes pelotaient des gonzesses. Tout le monde tripotait tout le monde, imbibé jusqu’à l’os de bière à 3,80 euros les vingt-cinq centilitres. »

 

« La mendiante reprit immédiatement sa position ignoble, et tendit sa sébile. Elle pleurnichait :
- Maître, maître, une pièce s’il te plaît.
- Si tu cherches un maître (je sortis ma bite), montre-toi digne de lui.
Je pissai dans son gobelet, en faisant tinter le métal. ‘Voici mon obole’. Je pissais d’or. »

 

« A la sortie de l’épicerie, Antoine décréta qu’il avait faim. Il voulait manger sur-le-champ. Je n’avais ni fric ni faim, juste hâte de mon polonais. Je piaffais. »

 

« Elle à mes côtés, c’était la Pologne tout entière que j’embrassais. Je savais qu’elle m’échapperait mais, de ses lèvres, j’avais gardé un arrière-goût d’éternité. »

 

« Les boîtes contenaient des centaines de gravillons. Antoine a pris un air de cerise sur le gâteau.
(…)
La nuit tombait par la fenêtre. On a ricané comme des gros bossus des Carpates. Les graviers crépitaient sur les carrosseries. »

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Mardi 27 décembre 2005 2 27 /12 /2005 17:21

Si vous devez débusquer de jolis livres pour enfants, et que vous n'avez pas le temps de tous les feuilleter, je vous recommande :

 

 





Hyper l'hippo
de Jean David Morvan et Nicolas Nemiri chez Delcourt jeunesse parce que le graphisme est impeccable et l'histoire toute douce et tendre :
"A la piscine, il m'aide un peu. Mais vous ne le direz pas, d'accord ? Je lui garde toujours un peu d'algues pour son goûter. Quand il est sage il a droit a un peu de chocolat dedans. Il aime bien mais il fait des taches."

 

 

 

 

 




Boucle d'or et les sept ours nains
d'Emile Bravo au Seuil jeunesse, parce que toutes les histoires s'y chevauchent de Boucle d'or à Blanche neige en passant par les trois petits cochons et c'est très drôle :
"- Ecoutez, ça suffit ! C'est non ! Je veux pas l'embrasser, un point c'est tout !
- Mais elle est jolie ! Après vous l'épousez et tout !
- Et nous on va se coucher."

 

 

 

J'ai pas peur du loup de Meryem Debladis et Rosalinde Bonnet aux Portes du Monde, revisite une histoire connue pour les petits avec des dessins plein de détails humoristiques : "A son retour à la bergerie, sa maman, qui s'était rendu compte de son manège, le mit en garde :
- Il ne faut pas t'éloigner de la bergerie. Seul tu n'arriverais pas à te défendre contre le loup
Mais l'agneau n'en faisait qu'à sa tête."

 





Et le magnifique Grand loup et petit loup de Nadine Brun-Cosme et Olivier Taillec aux albums du Père Castor, pour ce fabuleux graphisme et cette histoire de tolérance :
"Pour la première fois, il se disait qu'un petit, même tout petit, ça prenait de la place dans le coeur. Beaucoup, beaucoup de place."

 

 

Et je vous conseille aussi un petit tour sur le portail Ricochet, portail européen sur la littérature jeunesse, qui pourra vous donner des idées.

 

 

 

 

 

 

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Samedi 31 décembre 2005 6 31 /12 /2005 18:31

"Au rayon des certitudes, dit le boucher,
il y a la viande, rien que la viande,
belle encore mais froide au toucher.

Je serais vous, ajoute la bouchère,
j'irais voir au rayon des incertitudes,
on n'y trouve que de l'incertain, d'habitude,
mais ça vit, et c'est doux sous la main."

Francis DANNEMARK - Une Fraction d'éternité

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Mardi 10 janvier 2006 2 10 /01 /2006 15:30

Owen Noone & Marauder de Douglas Cowie (Christian Bourgeois Editeur)

 

« Quand, au milieu des années quatre-vingt-dix, deux jeunes garçons de l'Amérique profonde se rencontrent dans un bar à l'occasion d'une soirée 'micro pour tous', que font-ils ? Ils descendent quelques bières et décident aussi sec de créer un groupe de 'pseudofolkrockpunk' ! Même si aucun des deux ne sait chanter ni jouer de la guitare [...] Ainsi réinventent-ils le rock avec une espèce de pureté virginale, de bonheur sauvage trouvé à jouer live, tout en affrontant les requins de l'industrie du disque qui les alpaguent bientôt - producteurs foireux, directeurs artistiques obnubilés par les ventes, tournées inhumaines, trahisons diverses -, sans parler des coups bas de la presse people...»


Je vous en avais déjà parlé dans un article précédent et en fait pour une raison assez inexplicable ce livre m’a plu mais j’ai eu énormément de mal à le prendre entre mes mains pour le lire, tout du moins au début. L’univers décrit est celui de deux jeunes musiciens qui vont peu à peu acquérir du succès jusqu’à devenir suffisamment connus pour intéresser un gros label qui ne correspondra plus du tout à leur vision de la musique. La première partie m’a semblé très longue pour la bonne et simple raison que je ne saisissais pas la moitié des références dans le domaine de la musique (« pédale fuzz » ou « Telecaster jaune à pickguard noir »), des chansons folks (« John Henri » ou « Yankee Doodle »), ou de la géographie américaine lors de leurs virées ( « Trois heure et demie plus tard nous avions presque quitté le Tenessee pour aborder les Great Smoky Mountains »). Lors de la deuxième partie, les démêlés des deux musiciens avec un certain congressiste, avec les médias et avec leurs labels prennent le devant de la scène et l’histoire donne de l’ampleur au caractère des personnages, ils s'humanisent et gagnent en épaisseur. Sans compter qu’ils ne sont plus deux mais trois… et que la présence d’Anna, une fille rencontrée à New York va changer la donne.

Ce livre vous permet de voyager, de découvrir un monde, des Etats, un mode de vie et finit par vous persuader que vous faites la route avec deux copains auquels vous vous attachez au fil des étapes, avec leurs colères, leurs désespoirs et leurs émotions. La lettre que le Marauder reçoit de ses parents après que leur maison a brûlé n'est que cela, de l'émotion à l'état brut. Et cela vaut la peine de faire ce voyage avec Owen Noone et le Marauder.

 

Extraits :

 

"J’ai plongé le bord du journal dans l’eau et j’ai regardé l’humidité monter le long du bord, obscurcir le papier, brouiller les mots. Laissant tomber le journal, je l’ai poussé sous l’eau et l’y ai maintenu comme si je le noyais, comme si je l’empêchais de respirer."

 

"Je n’étais pas tenu de faire semblant d’être moi-même, car je n’étais pas moi-même et personne ne savait qui j’étais. J’étais simplement le Marauder, un nom ridicule. Je pouvais faire n’importe quoi, être n’importe qui et m’en tirer quoi qu’il arrive."

 

"Il faisait froid, l'air était lumineux, je suis restélà à regarder la maison incendiée en me protégeant les yeux contre le soleil.
Je crois que je n'avais rien mangé depuis le coup de fil de Stuart, j'avais l'impression que quelqu'un m'enfonçait le poing dans le ventre et le maintenait là."

 

"Quand nous sommes entrés en scène et que nous avons pris nos guitares, l'ovation s'est faite encore plus assourdissante. J'ai regardé Owen, j'ai senti le sang battre dans mon cou et mes poignets, l'adrénaline gicler à travers tout mon corps. Ce soir-là il n'y avait rien d'autre que j'aurais préféré faire, rien d'autre que jouer de la guitare devant mille personnes avec mon ami Owen Noone."

 

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Jeudi 23 février 2006 4 23 /02 /2006 21:13

"Parmi les ectoplasmes que je croise sur les trottoirs de la Capitale, certains m'émeuvent davantage que d'autres.
J'entends par 'émouvoir' une prédisposition que cette race d'humains flasque, néanmoins pourvue d'une filandre étonnamment caoutchouteuse, possède à m'exaspérer par ses impolitesses chroniques."

Martine ROFFINELLA - Inconvenances

 

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Lundi 13 mars 2006 1 13 /03 /2006 21:00

" Ce qui semble être mon noyau aime à se tenir en un lieu secret où nul ne pénètre, où rien ne vient le menacer. C'est pour être moi que j'ai mis au point ces différents rôles. Ils ne sont qu'une manière d'armure qui s'adapte spontanément aux êtres et aux circonstances. Si je n'avais pas à subir tant d'agressions, je ne chercherais pas à me protéger."

Charles JULIET - L'incessant

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