Jeudi 17 février 2005
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Je n’ai pas pour habitude de raconter ma vie. Mais là, je suis un peu énervée.
Irritée parce que si j’avais été un peu différente, les choses se seraient passé autrement il y a une demi-heure…
Je suis restée tard à mon boulot, comme à mon habitude. J’ai raté le train que je devais prendre alors je suis arrivée après le dernier bus… moralité : obligée de rentrer à pieds. Qu’à cela ne tienne, je suis sportive, même la nuit. J’ai donc entrepris mon périple au pas de chasseur. Pas grand monde dans les rues à part quelques piétons égarés. A mi-chemin j’entends des claquements de talons derrière moi. Quelqu’un de pressé ou qui essaie de me suivre. Comme je tourne au carrefour dans une direction où il n’y a que des résidences très chics et que je sens toujours le type sur mes talons, j’hésite à me retourner franco pour lui demander ce qu’il veut ou tester sa résistance physique en piquant une petite pointe de course. J’opte pour le milieu de la route, éclairé, et l’indifférence en ralentissant ostensiblement pour bien montrer que j’ai entendu ses pas précipités pour suivre mon rythme et que cela n’est pas mon souci. Il est déstabilisé. Il hésite. Il me hèle : « Excusez-moi, je cherche la place de l’Eglise » . Moi aussi, ça tombe bien, non ? Je me retourne et continue en marche arrière, je lui fais signe de la main pour lui indiquer l’endroit (comme si ça pouvait réellement l’intéresser). Il fait mine de ne pas comprendre, me repose la question et s’arrête – peut-être dans l’intention que je vienne lui expliquer ? Je lui dis alors de ma voix décidée et à moitié tournée vers lui quelle est la direction à suivre sans cesser de marcher. Je continue sur ma lancée – je sens que le ton de ma voix a décontenancé le bonhomme, il doit aussi fatiguer à trottiner sur mes pas. Je continue ma route contourne l’église, la route est en pente, je décide de me passer de lui, je me lance à petites foulées. Une bonne demi-heure plus tard, je suis enfin au chaud mais ressassant cette tentative avortée.
Si j’avais été plus peureuse, moins sûre de moi, avec des talons et un air de victime, ce type-là aurait fait des conneries, ça se voyait dans son regard fuyant, dans son attitude et au flou de sa voix. Je tiens à dire qu’il n’avait pas d’accent particulier, qu’il n’était pas particulièrement typé, qu’il était habillé d’un costume, qu’il n’était pas particulièrement jeune et que tout cela s’est passé dans une grande ville très chic où les maisons valent plus chers que tout ce que je pourrais un jour m’offrir.
Heureusement, c’était moi ! Mais je suis quand même énervée, ce type-là aurait pu trouver sa proie…
Tout ça c'est parce que j'ai tjs pas ma moto :'( mais vi, Noisette, ce soir je rentre plus tôt, j'ai des talons aujourd'hui ;)
Stéphanie, tu triches, tu prends des cours de boxe ;)