Leo & Pipo redonnent vie au passé #streetart

par Mcwp 4 Février 2013, 15:44 Street Art

Il y a longtemps que j'avais fait le lien entre les petits stickers signés d'une moustache et les personnages en noir et blanc qu'on pouvait croiser au détour d'une rue. Pourtant, je n'osais les aborder me disant que des artistes qui ont déjà leurs noms dans une encyclopédie en ligne avaient mieux à faire que de m'accorder une interview : je me trompais, ils ont accepté avec beaucoup de gentillesse.  
Voici Leo et Pipo et leurs surprenants fantômes de papier.

 

 

L&Pmoustachu   L&Psticker

 

Leo & Pipo, que faites-vous dans la vie ?

Leo –   On a tous les deux un boulot alimentaire, plus que plein temps d’ailleurs. Et on va coller quand il nous reste du temps.

 

Vous avez choisi de coller principalement des personnages anonymes des années 20: en quoi ces fantômes du passé ont-ils des choses à nous dire ?

 

L&PzouavePipo –   C’est simplement le témoignage d’une époque. Que ce soit les années 20 ou 30, nous avons juste fait un choix esthétique qui nous plaisait mais ils nous racontent ce que tout ancêtre raconte. C’est leur histoire, telle qu’on peut la voir grâce à la photo. On aperçoit des allures, des vêtements, des attitudes.

Leo –  Après, chacun se raconte des trucs selon ses souvenirs. Toutes ses photos, ce sont des anonymes. Nous ne faisons qu’ouvrir un album de famille, le proposer aux gens. Tout le monde y met un peu ses références, ses souvenirs. On n’indique pas grand-chose, c’est le spectateur qui l’interprète comme il veut.

–  Comme une suite de texte. On propose le début de scénario et chacun écrit la suite.

–   Ce n’est pas un discours du type « regardez, c’était mieux avant ». Nous, on ne considère pas ça comme passéiste. Il y a une nostalgie, une espèce de poésie mais le but ce n’est pas d’opposer ça au monde d’aujourd’hui. Après, comme dit Pipo, c’est très subjectif. Nous, on choisit ces gens pour leur charme, leur charisme, leur allure. C’est plus un choix esthétique qu’autre chose.

–   De toutes façons c’est une invitation à l’imaginaire donc il faut quand même qu’il y ait un espace temps qui se crée entre nous et le sujet. Plus les photos sont vieilles plus elles ont un impact. L’idée c’est de faire voyager le spectateur de la rue. 

–   C’est la famille de tout le monde. C’est une famille imaginaire et qui devient géante. Alors, quand on se balade dans Paris, qui est une ville un peu impersonnelle, on est contents parce qu’on croise tante Machin et cousine Truc. Mais c’est aussi ce qui se passe pour les gens quand ils sont sensibles à ce qu’ils voient et qu’ils prennent le temps de s’interroger face à nos personnages.

–   Oui et puis comme on veut suivre un style narratif, l’identification a besoin d’être forte. Donc si ça nous ressemble, ça ne marche pas. 

–   C’est pour cela qu’on colle des anonymes, qu’on reste anonymes, qu’on ne signe pas. Toute cette démarche est, d’une certaine manière, dédiée au spectateur.

–  C’est assez proche d’un numéro de magie, il ne faut pas connaître le truc.

 

 

mur

 

 

Les photos de ces personnages, vous les trouvez toujours dans des brocantes ?

–   On est obligés d’utiliser internet par rapport à la fréquence qu’on a.  Les amis, les archives personnelles c’était un peu la première étape. On a toujours des gens qui nous proposent des choses, et on chine aussi beaucoup dans les marchés aux puces… plutôt ceux à l’étranger d’ailleurs. Parce qu’ici, c’est cher ! Après on complète avec internet : les coups de cœur. Quand il y a des photos absolument géniales, on ne s’en prive pas.

Nous avons la chance d’avoir trouvé un réseau dédié à ce genre de photos. Nous, on aimait bien le côté personnel mais la quantité fait qu’on est obligés de s’aider par l’intermédiaire de gens qu’on ne connaît pas. Au début, on se permettait de répéter des figures mais maintenant chaque pièce est unique.

 

 

Comment s’est décidée votre première fois ?

–   Comme ça…  Mais il est vrai que nous avions fait beaucoup de musique avant. Cela faisait des années qu’on tournait autour de projets musicaux. Dès que Leo a eu le déclic de ce projet, ça a été comme une évidence  parce que ça faisait 3-4 ans qu’on tournait autour de choses inabouties et communes.

–   La base c’est le procédé technique, en fait. Je trouvais magique de pouvoir tirer une image en taille réelle. C’était très enfantin.  Et quand on a commencé, il n’y avait aucun développement théorique de ce qu’on allait faire.

–   C’est la synthèse de nos années d’échange, d’amitié, c’est la larve qui s’est transformé en papillon.

–   Au début, il n’y avait aucune volonté même de faire un projet, on s’est dit, on y va ce soir et si ça se trouve le lendemain on fera autre chose. Pour nous, l’avantage c’est qu’il était possible de faire des tirages maison puisque c’est de l’assemblage d’A4. 

–   En toute sincérité, le projet nous est tombé dessus comme ça. J’ai vraiment la sensation que cela s’est produit d’un jour à l’autre.

–   Oui, c’était vraiment ludique, on s’est dit : « qu’est-ce qu’on fait ce soir ?  C’est cool d’aller dans la rue trouver un mur, essayons ! »

D’ailleurs, on n’avait pas du tout les règles du milieu. On n’avait pas du tout la culture de la rue.

 

P1070581.jpg

 

 

Est-ce qu’on devient street artistes parce qu’on n’arrive pas à percer en tant que musiciens ?

–   Alors, on devient street artistes quand effectivement on a envie de s’exprimer d’une façon plus large sans passer par des intermédiaires. Mais nous avons tout fait pour fuir cette  dénomination. Jamais on ne s’est dit « on est street artistes ».

–   Je sais qu’on a fait un travail dans la rue, on a proposé un projet, une ligne mais en aucun cas je ne me sens défini par le titre de street artiste.

–   Non, c’est vrai. On n’est pas du tout dans cette communauté. Ce n’est pas du tout notre bagage culturel, ça nous est vraiment tombé dessus.

–   Nous, la seule chose qui nous intéresse, c’est d’avoir donné une existence à ce projet, donné vie à une ligne, à un univers. Après le street art, c’est le moyen de le faire. 

–   Mais ça n’a pas été un tremplin. On ne s’est pas dit, on fait de la musique, ça ne marche pas trop donc on va faire un coup de com’ pour revenir et vendre des CDs. Non, on commence le projet et ensuite on le considère comme quelque chose d’indépendant.

–   Pour revenir à des notions plus humaines, on a 25 ans d’amitié et des âges similaires. C’était aussi se trouver une activité : qu’est-ce qu’on fait ensemble ? Qu’est-ce qu’on partage ensemble ? Qu’est-ce qu’on fait qui nous emballe ? Ce n’est pas plus évolué que ça.

–   Franchement, c’est assez primaire, assez instinctif. C’est après qu’on met des mots dessus et qu’on peaufine.

 

 

Dans la vidéo « Ghost Paper » on sent une certaine tension : avez-vous déjà eu des ennuis ?

sabots.jpg

–   Rien de méchant. On travaille de manière tellement discrète, il y a eu des petites bricoles mais rien de bien sérieux.  Mais oui, en effet, il y a une tension. Quand on travaille, on est aux aguets, on n’aime pas trop le contact avec le spectateur. Quand on fait des photos ou quand on nous questionne, ce n’est jamais nous. On veut rester dans le processus tour de magie, qu’il n’y ait pas le cheminement laborieux, les mains dans la colle. On a toujours évité de se faire voir.

–   Oui, il y a une tension, déjà celle de la réussite d’une sortie. On s’investit sur un projet, sur cette nuit-là, il faut qu’il y ait une réussite. Parce qu’il y a des gros flops aussi. Des heures et des heures pour ne rien faire.

–   Parfois on préfère prendre la nuit pour ne faire que quelques poses. Parce qu’on a en tête un cahier des charges assez précis. On a des critères. On ne va pas sur le premier mur de Paris pour avoir de la visibilité, au contraire. On travaille avec une carte, quitte à s’éloigner. Il y a des poses de Leo et Pipo qui n’ont jamais été vues, enfin, vues par les locaux mais pas par la sphère internet. 

Nous, c’est toujours, le beau mur, le recul, une figure qui s’harmonise dans un cadre. C’est un peu notre manière de créer qui fait qu’il y a une tension.

–   Une tension du travail en tant que tel. Ce n’est pas intéressant à décrire mais c’est des heures à tourner, à se déplacer. Un travail ingrat : les mains au sol, dans la pisse, c’est ça aussi…

–   Et puis la tension de la discrétion. Cela se voit dans la vidéo, on est hyper maniaques là-dessus. Aussi, on colle principalement la nuit.

 

colonne.jpg

 

 

Avez-vous développé des lieux de prédilection depuis ces dernières années ?

–   La zone qu’on a bien aimé par rapport à beaucoup d’artistes parisiens, c’est la banlieue. Nos nouvelles zones, ce sont celles-là. On a 60 villes sur plus de 200. On aimerait bien continuer sur la banlieue. Mais quand tu dois faire 30 km pour aller dans la ville et que tu dois en faire3-4 de plus dans la nuit et trouver tous les spots de cette ville, c’est là où ça devient vraiment extrême.

–   Mais gratifiant ! On est super contents de s’adresser à ces gens-là. Parce que sinon ça reste des parisiens qui s’adressent à des parisiens. Je suis banlieusard et j’ai généralement une réaction bien plus positive et enthousiaste que le parisien qui connaît ou a l’impression de connaître. 

Pour le banlieusard c’est vraiment un cadeau. 

–   On se projette nous-mêmes par rapport à ça parce qu’on vient de banlieue. On sait l’effet que ça nous aurait fait de voir un travail comme celui-là. On aurait apprécié, et nos potes aussi. C’est par projection qu’on fait ça.

 

Est-ce que vous allez toujours coller ensemble ?

–   Pas forcément, maintenant on répartit plus les actions. On ajuste nos sorties, on n’a pas forcément envie de retourner aux mêmes endroits. On colle de manière hebdomadaire mais ce n’est plus le même volume non plus.

–   Ça nous est arrivé de dispatcher : des envies différentes à un moment donné. Une fois qu’on s’est fait 100 % confiance sur la manière de poser et qu’on sait que ce sera aussi réussi qu’avec l’autre, là on se laisse un peu de champ libre. On se dédouble, on dédouble les cellules créatives.

 

L&PpanneauVous avez imprimé des stickers qui vous servent de signature en même temps que les premiers personnages et plus récemment d’autres encore que vous collez sur les panneaux de signalisation à la façon de CLET. Vous en êtes vous inspiré ?

–  Je pense qu’on l’a fait avant que lui n’arrive sur Paris. Je pense qu’il était connu en Italie mais nous, on ne le connaissait pas. Le sticker, c’était une idée ludique, pour faire simple. Les stickers en forme de têtes sont arrivés plus tard. Mais il n’y a pas eu de décalage. Quand on a commencé à travailler nos figures taille réelle, en parallèle on a tout de suite utilisé les stickers pour signer. C’était un rappel, avec toujours les silhouettes à l’ancienne. Et vu qu’on ne signait pas, au début je pense que c’est grâce à ça que les gens ont mis un nom sur notre boulot.

 

Même si ce n’était pas au même endroit…

–   C’est vrai que c’était farfelu comme projet. Nous-mêmes on a du mal à faire le lien. Cela nous paraît évident maintenant mais il n’en était rien. Mais ça a marché.

–   Ne pas signer, c’était bizarre 

–   Et prétendre signer par un sticker qui allait faire un rappel de la figure, c’était abracadabrant mais c’est le seul moyen qu’on avait. C’était une ficelle. Il y avait peu de chance que ça puisse passer et c’est passé.

–   Pour nous, signer c’était hors de question. Pour nous, ça tuait la magie. On n’était pas là pour labelliser un truc dans la rue. Ce n’est pas dans notre démarche. Il fallait que ce soit libre.

–   J’ai vu des œuvres de street art avec des sites internet, avec des numéros de téléphone. Cela ne nous correspondait pas alors on a essayé de créer ce dédoublement avec le sticker mais on y croyait à peine, on en rêvait, mais les gens bizarrement on fait le lien.

 

 

430919 10151276389124726 573636680 nActuellement, y a-t-il d’autres artistes dont vous appréciez le travail?

–   En ce moment, pas grand-chose. On n’a pas de potes dans le milieu, on n’a jamais collaboré. On a toujours un peu refusé les rencontres. On aime bien travailler de manière indépendante. Et puis, moi, je n’aime pas quand on colle les uns à côté des autres, je ne trouve pas ça clair. On se concentre sur un mur qu’on a déniché et sur lequel il n’y a personne. On ne va jamais sur les murs consacrés. Après quand on découvre des murs les gens viennent, ça c’est autre chose. Mais nous, on a toujours prôné notre indépendance.

–   Et les street artistes qui m’ont tapé dans l’œil, en ce qui me concerne, c’est toujours plus des graffeurs. Mais à l’heure actuelle il n’y a rien qui m’ait tapé dans l’œil. 

–   Nous, les mecs qui nous ont stimulé, c’était les mecs de l’âge d’or : les O’clock, Comer, etc.

–   Après il y a plein de noms à citer sur des gens contemporains mais ça n’est pas très utile. Mais dans le street art pur, il n’y a rien, moi, qui me botte en ce moment. Je ne vois rien qui me stimule.

–   Moi, il n’y a rien qui me transcende non plus. Ce n’est pas prétentieux de dire ça, tout le monde a ses propres goûts.

 

 

Vous connaissez Plonk et Replonk qui utilisent de vieilles photos en les détournant ?

La-Sellerie-Remoulade.jpeg–   Non, ça ne nous dit rien. Ça a l’air bien en tous cas. On va s’y intéresser. Effectivement, ça se rapproche de ce qu’on fait. Je trouve que ça participe de la même idée que nous finalement, redonner un sens et une direction à ces images anciennes, les faire parler d’une autre manière. Trouver un sens à ces photos énigmatiques. 

–   Nous sommes très attachés au côté anonyme, famille – au-delà des photos de famille. 

Les choses qu’on adorait avant même de commencer c’était les films de famille. Moi, j’avais suivi un cours là-dessus qui m’avait pas mal interpellé et ce qui est génial dans les films de famille, c’est que ça n’intéresse personne mais qu’en fait c’est le début d’une possibilité d’imaginaire sans fin. Moi, je pourrais aller voir des films de famille au cinéma. Je trouve que ça raconte tellement de choses. C’est comme l’émission strip-tease, ça paraît anecdotique mais ça raconte de vrais romans. On trouve qu’une photo a cette capacité. C’est le point de départ de quelque chose. Ce qu’on veut, c’est se plonger dans cet imaginaire.

 

 

 

Qu’allez-vous faire des portraits imaginaires* que vous avez commencés sur FlickR ?

 

8029266139_46c0e061d6_n.jpg Leo & Pipo, by Dehfolt Sister

 

L –   Ce sont des artistes qui nous plaisent et qu’on connaît via internet. On leur propose le défi et il se trouve qu’ils jouent le jeu presque à chaque fois.Nous n’avons pas du tout communiqué dessus pour le moment. Le but c’est d’organiser une exposition. Nous avons toujours fait des portraits par nous-mêmes, le côté masqué, pour amener un peu de fantaisie. (…) En fait, ces portraits c’est une façon de décliner ce qu’on fait dans la rue. Une fois de plus ce n’était pas très intellectualisé mais c’est stimulant. 

–   Notre volonté narrative se traduit par cette manière de raconter quelque chose différemment - même si c’est toujours la même base. Les autres artistes étendent l’univers et les possibilités du récit imaginaire.

–   Une fois de plus, quand on a commencé on n’avait pas de réelle vision. Maintenant, on voit qu’on a un beau catalogue de portraits dont une bonne moitié qu’on aime beaucoup. Et je pense que tout le monde jouera le jeu quand il faudra rassembler les œuvres originales. Ça, c’est maintenant qu’on y pense. Au début, c’était partager, voir comment les gens pouvaient partir sur quelque chose autour de notre univers. Et à chaque fois les artistes étaient stimulés et ça c’est génial.

–   Avant d’entamer un projet, il est rare qu’on le décrypte avant même de l’avoir commencé. On est dans l’action et la création donc c’est toujours un peu brut et instinctif. Après si on arrive à décanter quelque chose d’intellectuel, on le fait. On n’est pas des artistes mais on est assez créatifs. 

–   On n’a pas de formation ni de métier lié à l’Art. On fait ça comme on réparerait une bécane, c’est très instinctif.

 

 

 

HdF.jpg  bal.jpg

 

 

Qui joue de la flûte ?

–   On ne joue pas de la flûte mais on sait jouer de 2-3 instruments vaguement. Sinon par rapport au nom ce serait plutôt moi. Je joue un peu d’harmonica pour être franc.

  

Pourquoi les pseudos de Leo et Pipo ?

–   Nos pseudos sont très proches de nos vrais prénoms. Ce sont des diminutifs un peu rigolos qui allaient bien ensemble.

–   Quand on a commencé ce projet on cherchait un nom, après on a juste associé nos prénoms d’origine. Naturellement j’ai pu me faire appeler Pipo dans le passé et lui Leo mais l’idée de les associer ne nous est pas venue tout de suite.

 

Et le symbole de la moustache ?

L&PstickerRueP –  Je pense qu’aujourd’hui on va vite s’en défaire parce que c’est devenu une espèce d’appendice assez branché.

–   On trouvait qu’il y avait un clin d’œil à l’époque. On a posé beaucoup de dandies... et en fait, quand on a commencé, c’était un choix graphique, c’était juste une manière de souligner notre logo. 

–   Très vite on a senti cette mode venir (et qui sera bientôt fini) et pas sûr qu’on communique encore longtemps avec la moustache. Je ne pense pas que ça va rester.

 

Votre plat préféré ?

–  Le bœuf bourguignon.

–   Moi, ce que je préfère c’est la bouffe grecque, la cuisine grecque en général. Tout me va.

 

 

Vos objectifs maintenant ?

–   Ce qui peut nous stimuler dans l’avenir, c’est de faire d’autres choses. On aime bien que cela reste ludique.  Décliner cet état d’esprit à d’autres choses. Si on peut changer d’activité tous les ans, on sera ravis.

–   Mais l’autre objectif, c’est fortifier notre univers. C’est d’aller plus loin dans le côté narratif et installer un panorama imaginaire.

–   Développer la narration autour de nos personnages qu’on a commencé à nommer, à personnaliser. Là, il y en a tellement, c’est un peu informe. Ce qu’on commence à faire maintenant c’est tous les nommer, leur donner un âge, une origine, une profession pour créer notre annuaire Leo et Pipo. Toujours dans cette optique de raconter des histoires.

–   C’est ça… on aimerait aller plus loin que le mur et le street art et matérialiser…

–   Après le côté galeries, on ne s’y consacre pas beaucoup tout simplement. On a évidemment des envies, des idées, des pièces, mais on ne s’y consacre pas. Et ce n’est pas ce qui nous intéresse, qui nous stimule pour le moment. Peut-être qu’il y aura un déclic, on n’en sait rien mais comme on le disait tout à l’heure avec la musique, on n’utilise pas la rue comme un tremplin pour être dans un Musée, pas du tout. Pour nous, la rue, c’est la rue. 

 

LeoetPipobyMcwp.jpg

 

–  Nous, notre but, c’est de partager quelque chose. On est dans la projection. On aurait bien aimé qu’il y ait un projet comme ça quand on était plus jeunes et y participer. Et nous, c’est ce qu’on propose. 

–  Pareil avec les portraits imaginaires et les artistes des quatre coins du monde. On trouvait génial de se mettre en retrait par rapport à ça. On trouvait plus intéressant d’être nous-mêmes les commissaires d’expo d’un projet plutôt que d’être les exposés. C’est dans l’idée d’essayer autre chose. Les T-shirts, c’est aussi le côté tout faire de A à Z, qui nous plaisait. C’est une démarche qu’on aime bien.

–   Aujourd’hui ce qui nous manque, c’est un peu plus de souffle dans le budget et dans le temps pour pouvoir nous investir sur des projets plus importants, plus ambitieux. Et aller plus au cœur de nos ambitions réelles.

–   C’est le temps souvent qui manque, c’est un équilibre à trouver. On n’a jamais décroché le téléphone autour de notre association, on n’a pas le temps. On préfère garder ce temps pour autre chose, de plus ludique.

 

 

Et vos projets ?

–   On a un projet autour de Dunkerque, c’est assez sympa parce qu’on va avoir accès aux fonds photographiques de la ville. Ils nous ont mis en relation avec une université et une maison de retraite. On va pouvoir sélectionner des photos en rapport avec la région et on aura un peu quartier libre dans certaines zones pour un nombre de figures.

–   … pour officiellement coller des figures Leo et Pipo dans une ville, de manière légale. Là, ça aura quand même véritablement un sens puisque ce sont les archives de la ville. On va coller des ancêtres. 

–   Et ça, quand on peut le faire, on le fait : mettre en relation une figure avec un vrai lieu. 

Sinon il y a plein de petits projets mais Dunkerque, ça va être un gros morceau je pense.

  Après, les projets et les envie ne manquent pas. On verra en temps voulu…

 

SteCecilebyLeoetPipo.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Rue Ste Cécile (photo by Leo & Pipo)

 

 

 

Pour plus de détails, vous pouvez aller sur leur page Facebook, leur compte my_space et sur leur compte Flickr.

 

–  
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

commentaires

Haut de page