Polémique artistique selon Sebastien Lecca #streetart

par Mcwp 21 Novembre 2012, 17:49 Street Art

 

« Ce n'est pas à nous de nous interroger sur une erreur d'interprétation mais bien à l'artiste d'assumer la responsabilité d'un message confus.»

*« Nous voulons rappeler que ce qui se passe dans le ventre des femmes n’a pas à être questionné par les hommes », source page Facebook SuperAvortement créée en opposition à la page Superfoetus.

 

Ces derniers temps, en réponse aux fœtus multicolores dessinés sur les trottoirs parisiens, quelques personnes sont venues les « toyer » - comprenez : peindre ou écrire par-dessus. Les Super fœtus créent la polémique.
Droit de réponse de l’auteur, Sébastien Lecca.



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–  Quand tu as commencé à peindre tes dessins de Super Fœtus dans les rues, est-ce que tu imaginais que tu allais choquer certaines personnes et qu’ils allaient être assimilés au discours pro-life ?

Quand j’ai commencé, j’ai trouvé que c’était une magnifique idée, un projet à la dimension éthique, un dénominateur commun pour chaque être humain. C’est un symbole universel  et ancestral, et c’est vraiment la première raison pour laquelle j’ai choisi ce sujet. 

Naturellement dès que j’ai eu cette idée, j’ai immédiatement fait le constat que cette image faisait aussi partie de l’imagerie des anti-IVG qui récupèrent et confondent tout : bébé, fœtus, embryons. Ils ont même récupéré pro-vie, deux mots qui sont pourtant si jolis. Alors ça m’a motivé d’autant plus pour le remettre dans la circulation et ne pas le laisser entre les mains d’un groupe pour une raison politique rétrograde. Ce symbole est au-delà, il est universel. Moi, je travaille dans ce sens-là. Le fait qu’il ait été récupéré, me motive d’autant plus pour le remettre à l’imaginaire de chacun.

 

–  Faire le tour de Paris pour aller taguer tes dessins montre l’importance que cela représente pour certaines personnes…

Elles ne sont pas très nombreuses celles qui font ça. 

Je suis entré en contact avec elles immédiatement en leur disant que ce fœtus célèbre la capacité de chacun à créer sa vie selon son désir le plus profond, donc célèbre le libre arbitre, donc celui des femmes. Naturellement, je n’ai pas dit au départ que ce fœtus est pro IVG, pro libre-arbitre, parce que ça devait s’induire. Mais je sais qu’il y a beaucoup de gens à qui il faut « tout expliquer » et qui confondent fœtus et embryon par exemple.

D’ailleurs, ces personnes qui m’attaquent déplorent le fait que ce soit un fœtus. Concrètement sur leur blog, il est écrit que ce fœtus est dangereux parce qu’il est représenté comme un petit bébé. C’est un fœtus à terme qui n’a plus rien à voir avec la loi sur l’IVG. Si on connaît un peu la loi on sait qu’elle concerne les embryons, plus les fœtus. Un fœtus à terme n’est  pas du tout concerné.

 

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Je suis entré en contact avec elles en leur disant, lisez ce que ça représente. Personnellement, je suis pro IVG. J’ai été élevé par une mère militante au planning familial qui faisait des entretiens IVG deux fois par semaine, et qui me racontait. Je suis assistant social depuis 10 ans. Ce n’est pas un gage d’intelligence  mais personnellement  j’ai pu construire une approche et une réflexion bien au-delà de la morale et aux antipodes de la culpabilité. Donc mon discours sur l’IVG est très clair. Je sais que c’est un phénomène normal, historique, qui existe depuis des siècles et des siècles. Il s’agit juste de lui donner un cadre digne, sanitaire, pour que cela puisse se réaliser en dehors des caves.

Ce fœtus en invitant à nous poser la question de qui nous sommes met de surcroît en mouvement notre capacité de création… donc il célèbre le libre arbitre et donc naturellement celui des femmes à disposer d’elles-mêmes. Il est pro IVG puisqu’il s’agit de la liberté absolue de chacun de faire ce qu’il veut  selon qui il est vraiment. Mais ce fœtus témoigne aussi de notre relation à la nature, aux animaux, aux plantes, à notre rapport à l’univers… Et là, je crois qu’à l’instar du fœtus, nous nous créons en permanence et qu’il y a urgence à se réveiller et à créer des solutions dans notre rapport à l’environnement.

 

 

–  Il n’y a pas de signe distinctif sur ton dessin donc on pourrait être amené à penser qu’il y a un rapport avec les anti-IVG…

3963b376b28f11e19894123138140d8c_7.jpgJ’ai croisé dernièrement une élue du XIXe arrondissement qui ne savait pas que c’était moi qui faisais les fœtus sur les trottoirs de Paris et qui pensait que c’était le travail de quelqu’un anti-IVG. Je lui ai répondu, tu marches sur un trottoir, sur la voie publique, dans Ton arrondissement, tu penses que ce que tu vois est fait par des anti-IVG et tu ne vas pas faire une main courante ? Tu ne portes pas plainte pour dégradation de la voie publique ? 

Je préfère autant que les gens qui sont persuadés que c’est un truc anti-IVG le détériore… maintenant ils peuvent aussi très rapidement me trouver. Quant aux 20-30% des gens qui se posent la question sans être choqués on peut leur faire avaler n’importe quoi. Moi, je préfère autant que les gens réagissent violemment. Tu ne peux pas considérer que quelque chose est scandaleux et ne rien faire. Porter plainte, déposer une main courante, ce serait la réaction la plus saine à toute atteinte ou à toute insulte.

Mais la plupart des gens assimile bien ça à du Street Art. Ce dessin est rond, en douceur. Je pense que si les anti-avortement avaient peint un fœtus, ils auraient écrit quelque chose comme « respecte ma vie » – en tous cas, ce n’est pas leur mode opératoire.

Pour moi, ce fœtus est le dénominateur commun à chaque être humain, le représentant du mystère de la vie, de notre pouvoir autocréateur, de nos origines, de la question de qui est l’humain. Après je pourrais mettre un mode d’emploi, je pourrais mettre mon nom ou l’adresse de mon site internet mais ça altérerait le symbole, ça lui enlèverait de sa magie. J’écornerais la possibilité d’imaginer. Mais en fait la plupart de temps ils passent leur chemin, ils n’imaginent pas. Ils ne se demandent pas ce que ça veut dire. C’est sans arrêt que je rencontre des gens qui me demandent ce que je fais. Je suis obligé de les questionner pour les aider à comprendre et formuler. Je me retrouve bien en tant qu’artiste et assistant social dans ce désir de créer les conditions d’une reformulation chez l’autre à partir d’émotions.


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On reproduit des croyances depuis des milliers d’années sur la base de ce qu’on nous a dit. C’est aussi pour ça que je fais ce fœtus, c’est une invitation au réveil. Mon utopie, c’est qu’au travers de ce fœtus je participe au réveil des autres. Moi, déjà en tant qu’artiste je m’éclate, je suis devenu sculpteur, j’ai créé des bijoux, après, je ne sais pas ce que ça provoque.
J’ai rencontré beaucoup de gens à qui ça a fait beaucoup de bien. Cela m’a conforté. Il y en a des gens qui m’ont dit que cela les avait mis mal à l’aise ou qu’ils avaient tellement aimé qu’ils le détournaient. Il y en a quelques uns qui se demandent si cela a quelque chose à voir avec les mouvements anti-avortement et qui passent leur chemin et il y a ceux qui réagissent. Alors bravo à ceux-là parce que c’est une saine réaction. Mais quand ces personnes connaissent mes intentions, quand je suis entré en contact avec elles, que je leur ai dit ce que je voulais faire à travers ce fœtus et qui j’étais, elles ont décidé de continuer et même d’en rajouter en écrivant  « Association des fœtus pour l’avortement » ! Elles sont dans une logique de destruction. Elles sont très peu nombreuses et même si elles peuvent peut-être convaincre une vingtaine de personnes,  il n’y en a que 3, 4, qui sont capables d’aller taguer mes dessins la nuit. Elles ont même fait un blog.  Je leur ai demandé d’enlever mes photos, mais ça n’a aucun sens.


Dans les jours qui viennent, je vais envoyer un communiqué en disant que j’ai choisi ce symbole parce que mon propos est purement poétique. Au final, je participe aussi à la réappropriation de ce symbole. Les contextes, les « récupérations »,  les références sont toujours temporaires… Et heureusement.

Je suis allé récemment  au centre LGBT en leur demandant s’il y avait une rumeur comme quoi ce dessin serait affiché par des anti-IVG. Les gens qui m’ont reçu n’avaient pas du tout pensé à ça, ce qui est le cas de la plupart des gens. 

Il y a une ou deux féministes qui sont venues à ma rencontre me disant : « je voulais rencontrer Sébastien Lecca parce qu’il paraît que c’est un catho, un facho » et elles m’ont dit « mais ce qu’on raconte sur vous, c’est incroyable ! ».


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Je comprends qu’on puisse ne pas me trouver comme auteur de ce dessin, même si c’est globalement assez facile. Mais une fois que je suis allé à leur rencontre en leur disant vous vous trompez, théoriquement elles devraient convenir qu’on partage les mêmes valeurs. Mais je crois qu’en réalité elles ne supportent pas qu’un homme fasse des Fœtus, on me l’a dit plusieurs fois. Suite à l’exposition « dans le ventre des femmes », sur la page Facebook SuperAvortement et le blog, il y a deux posts où il est clairement dit « vous n’avez pas le droit de parler du ventre des femmes », ce n’est pas votre thème*. Exit tout homme. J’ai même lu : « oui, mais votre fœtus mâle… ». On n’est plus dans un débat, dans un échange d’idées. Oui, mon fœtus est polysémique, il peut porter à interprétations, bien sûr ! L’Art aussi est là pour provoquer.
Si je faisais des chats, bien sûr ce serait moins polémique mais qu’est-ce que ça dit un chat ? C’est joli, c’est décoratif. Il y a sans doute un message « notre rapport à l’animal, au félin »… ou notre manière de marketer les animaux. Peut importe ! Et je respecte chaque démarche. Mais un chat, même jaune, ce n’est pas mon truc. Ou Space Invader, qu’est-ce que ça veut dire ? C’est notre modernité, les jeux vidéos, l’invasion du monde numérique ? A part ça ? 

Je fais des tee-shirts, je markete mon fœtus. Je m’amuse à ça, à le transformer. Je ne suis pas contre une démarche commerciale ou qui aurait à voir avec la déclinaison de produits dérivés, ça m’amuse d’essayer des matières nouvelles et d’apprendre  mais dans tous les cas j’ai besoin de dire quelque chose qui m’importe.

 

 

–  Le titre de ce projet est : "D'où venons-nous ? Que faisons-nous ? Où allons-nous ?" en référence au tableau de Gauguin qui s’intitule « D'où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ? » Cette différence lexicale est-elle là pour rappeler que nous ne sommes que ce que nous faisons ?

Ce que je crois c’est que « je deviens ce que je pense ». Ce que j’expérimente, je le deviens. Si je pense que la vie est un enfer je vais le créer. Si je pense que je vais être malade, à force de m’angoisser, je vais créer cette maladie. Si je crois que la vie, c’est le paradis, je vais peut-être y voir des éléments ou bien créer moi-même des choses qui vont dans cette direction. Effectivement, notre pensée est un outil ultra puissant qui se transforme, qui se matérialise. Pour moi, c’est une évidence. On passe des décennies à dire je suis nul, je suis lamentable, mon corps est moche, je suis coupable. Si on passait la même décennie à ruminer des choses positives, les conséquences ne seraient pas du tout les mêmes.

Il m’a plus été reproché le « d’où venons-nous ? » On vient du ventre des femmes. On m’a dit : « Vous n’avez pas le droit d’en parler ». Mais même cette question est intemporelle. On peut y voir ce qu’on veut. On vient par exemple du fin fond de l’obscurité, et là on est en plein dedans, on régresse. Voilà, d’où l’on vient. On vient du mystère, on vient des étoiles. On vient de plein d’endroits différents. On vient des êtres unicellulaires.

 

 

Ce tableau, que tu définis comme l’origine du concept, que peux-tu nous en dire ?

 

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J’ai fait deux tableaux où j’ai représenté le fœtus et où un voit bien ce qui m’intéresse. La question du rapport à l’animal, du rapport à la vie, à la sexualité, à l’amour, au sacré, le rapport à l’invisible. Que serait l’être humain sans l’animal ? La relation à l’animal est fondatrice de l’humanité. Comme le rapport aux végétaux, comme le rapport au sexe, à l’amour, à la mort, à l’autre. Moi, j’ai été élevé dans un milieu athée et la première parole qu’on m’a donné est : Dieu n’existe pas et a été créé pour asservir les hommes. C’est ce que j’ai cru jusqu’à mes 18 ans. A partir de là j’ai commencé à me poser des questions et depuis 3 ans je suis devenu croyant. Mais je n’ai pas de Chapelle, je n’aime pas les dogmes. Chaque croyance passe au travers d’un filtre et doit répondre à un critère : est-ce que cela me sert ? Est-ce que cela me procure du bien ? Est-ce que cela fait écho à ma vérité ? Si oui, je la garde, sinon je ne m’y attarde pas. 

Là-dedans, il y a mon côté péruvien, et certainement un métissage entre catholicisme et chamanisme. Je prends de l’ayahuasca de façon très régulière. C’est une plante visionnaire qu’utilisent les indiens d’Amazonie. Je fais plus confiance à ce type de médecine ayurvédique, yoga, etc. qu’aux antibiotiques et puis cela renforce mes capacités de réceptivité, de souvenirs, d’extases et fait jubiler mon corps en action… tout comme le Tai chi que je pratique. 

L’ayahuasca est présente dans ce tableau et pour quelqu’un qui connaît, ça se voit. Il y a mon rapport à l’animal, il y a ma pensée magique, en fait dans ce tableau. De façon naturelle, quand je vois un arbre, je lui parle, quand je vois un oiseau, j’entre en contact avec lui. Pour moi, tout est sacré. Pour moi, la mort n’existe pas. C’est une étape de transformation de la vie qui continue sans arrêt et on est l’univers en train de se créer, non ? C’est une réalité. Il y a un processus à l’œuvre dans l’univers qui est une création permanente. Et nous on y participe en conscience ou non. Je suis une manifestation de cet univers. Mes cellules prolongent cette mémoire de milliards d’années. Je suis à la pointe de la vie (rires). Je suis un VRP de la vie en train de se créer et au nom de ça je peux dire ce que je pense, ce que je crois de la vie et l’aimer, la contempler, m’en émouvoir et au travers sentir combien on participe à tout cela.

 

 

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–  J’ai lu que tu avais déposé ce dessin du fœtus…

Oui, naturellement, je l’ai fait protéger à l’OHMI (niveau européen de l’INPI). Je joue avec les paradoxes car à la fois c’est un symbole universel, propriété de l’humanité et donc irrécupérable et à la fois il est récupéré par les anti-avorteurs. Il y a 20 ans, c’était « 2001, l’odyssée de l’espace »,  dans 20 ans ce sera peut-être Sébastien Lecca. Mais dans cinquante ans, un siècle ? On sera peut-être revenu à son sens premier ou bien il sera référé par d’autres choses, peut-être par les progrès des clonages ou autre chose. Mais en réalité, il est impossible à récupérer puisque sur le long terme on sera tous morts.

 

 

–  Qu’est-ce que tu espères de cette propagation ?

cc911758190811e2aeda22000a1de2e0_7.jpgC’est un symbole donc je ne peux pas me l’approprier. Même si je fais une tentative d’appropriation, de récupération, de marketage, de protection et de développement de produit. Je joue avec ces paradoxes.  Je pense qu’il peut y avoir un élan poétique et une ingénierie qui relève d’autres métiers. Un artiste qui veut faire une expo a besoin de clous, de marteau. Mais s’il veut se développer, il doit aussi maîtriser un certain nombre d’outils comme Facebook, les réseaux sociaux, savoir faire un site, écrire un communiqué de presse, prendre son téléphone, monter un budget, faire des dossiers. S’il fait tout cela, il a plus de chance que son propos poétique soit véhiculé. Personnellement, j’adore apprendre tout ça. 

Si on donne les moyens à un geste, à une parole poétique de se faire entendre mais qu’au travers de ces moyens-là elle perd un peu de son authenticité parce qu’elle se retrouve sur des cartes postales, il faut l’accepter. C’est comme une pensée. Elle va toujours passer au travers de paroles. Elle sera toujours écornée, partielle et provisoire. Au final, le sentiment de ce qu’est la vie, je l’ai. Mais pour en parler, je ne peux que rayonner de ma joie, de mon expérience, de mes blessures, de mon humanité pour partager avec autrui.

Mes détracteurs disent : « Sébastien Lecca est un pubard » parce que j’ai bossé une année dans une agence de pub. Mais j’ai été 10 ans assistant social ! J’ai serré la pince à Sarkozy mais finalement, je l’ai instrumentalisé avec toute ma bande d’handicapés. 

 

 

–  S’ils sont persuadés que tu es un excellent commercial, c’est bien parce que tu fais bien ce que tu as entrepris de faire.

Oui, enfin, ils… il faut voir qui. En tous cas, elles sont persuadées que je suis un pubard et que tous mes concepts sont commerciaux. Effectivement, quand je choisis un concept, je me pose des questions : est-ce que c’est quelque chose qui me tient à cœur? Est-ce que c’est original ? Est-ce qu’il y a une visibilité possible ? Est-ce qu’il y a des accroches au regard d’une question sociétale ou métaphysique et même des « accroches » médiatiques ? Si oui, alors c’est une bonne idée.


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–  Quels sont tes projets ?

Sans dire ce que c’est, c’est parti d’une idée irrationnelle mais certaines idées simplissimes doivent voir le jour.

Quand je suis sur une toile avec mes pinceaux il y a certaines contraintes matérielles, quand je veux faire quelque chose dans l’espace public, les contraintes sont différentes. Mais au final, c’est le même procédé. Créer une entreprise ou une représentation, c’est un processus créatif. Certes, la finalité n’est pas la même. Dans un cadre c’est purement poétique et puis dans l’autre il y a un marché. Là, il se trouve qu’il y a une dimension poétique voire comique car c’est une parodie.

En fait, je suis un artiste autodidacte et ce que j’ai appris, c’est être assistant social et au-delà de ça, j’ai une fibre communicante. Mon travaille vise les représentations sociales et j’utilise les outils que j’ai appris à utiliser. Pour ce nouveau projet, je suis en train d’en apprendre d’autres. Là, je pense que définitivement certains vont dire que je ne suis pas un artiste mais bien un businessman… 

On peut essayer de mettre une définition réductrice sur mon travail et je peux l’accepter mais je n’en tiens pas compte parce que je sais que je suis multiple, aussi bien authentique que stratège ou calculateur. Je suis humain, je crée,  j’expérimente mes pensées. Et on partage tous tout cela. Je me sens solidaire de tout comme du pire. Les améliorations viennent souvent des pires choses. Coller des étiquettes ne sert à rien, la vérité glisse toujours. Toute tentative de définition empêche de voir la vérité sous d’autres angles. Et je sais qu’on agit par catégorisation, définition. 

Ma méthodologie en tient compte et quand j’essaie de me créer une définition pour quoi que ce soit, je sais que c’est partiel et provisoire - comme le dit Claude Bernard dans sa méthodologie scientifique. Il faut se méfier des dogmes et avancer. S’il y a un objet de polémique qui va venir mettre en cause ton hypothèse du moment, alors elle va se reformuler et s’agrandir. Je pense que la vie procède comme ça. Aller vers soi, c’est un chemin plein de joie et de gaieté.

 


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