Rubbish Cube, petite main de la dentelle #streetart

par Mcwp 8 Décembre 2012, 15:08 Street Art

A l’occasion de son exposition solo au Cabinet d’Amateur qui vient de s’achever, le roi du paper-cut a accordé un peu de son précieux temps pour répondre à quelques questions. Retour sur l’incroyable découpeur de dentelle, Rubbish Cube.

 

 

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– Que fais-tu dans la vie ?

Je me consacre à mon activité artistique, tout simplement. Cela demande tellement de travail que je me consacre uniquement au travail artistique.

 

– Est-ce que tu connais d’autres personnes qui procèdent de la même façon que toi ?

Nous ne sommes pas beaucoup à faire du papier découpé et à coller dans la rue. Il y a une artiste américaine très célèbre qui s’appelle Swoon qui fait un peu de paper-cut et qui colle dans la rue. Mais on n’est absolument pas dans la même ligne artistique ni dans le même style de découpe, mais je crois qu’on est les seuls à faire ça. 

 

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– Est-ce qu’elle fait partie de tes influences ? 

Oui, elle en fait partie. Mes influences, dans le monde du street  art, il n’y en a pas beaucoup. Je préfère le monde du pop surréalisme et du Lowbrow art. Todd Schorr est une des figures de ce mouvement. C’est un courant artistique magnifique que j’apprécie beaucoup. C’est plutôt dans ce monde-là que je puise mes inspirations. Mais aussi dans certaines peintures et artistes de la renaissance comme Jérôme Bosch, et même Holbein Hans...

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Rubbish Fred

composition de collages avec Fred Le Chevalier

 

 

– Cette exposition au Cabinet d’Amateur représente combien d’heures de travail ?

rubbish.jpgJ’ai mis deux mois à réaliser cette expo, j’ai commencé mi-septembre. Jusqu’à deux jours avant de partir j’étais encore en train de travailler… en sachant qu’une pièce était déjà faite (le cœur avec les ailes). 

Quand je découpe, je mets trois couches de feuilles, donc je vais en sortir trois à la fois : une est destinée à être collée dans la rue, une est destinée à être vendue dans une galerie et une que je garde en général en archive. Mais je peux aussi la mettre en galerie, si on me la demande. 

Là, pour l’expo, il y a des pièces que j’ai doublées, comme La Vanité (grosse tête de mort avec les cornes), une autre que j’ai laissée telle quelle en papier découpé et punaisé sur un carton plume pour garder ce côté aérien et une autre petite pièce que j’ai doublée. C’est rare que je fasse comme cela mais j’étais un peu forcé car il fallait beaucoup de pièces.  

En général, j’essaye de créer des pièces opposées. Je découpe du papier blanc que je peins ensuite en noir. Je peux peindre une face ou l’autre, cela fait une petite différence en inversant  le sujet. Je peux aussi ajouter d’autres motifs ce qui rend la composition unique.

Par exemple, le cœur avec les ailes, il y a celui dans le quartier de la Butte aux cailles et celui présenté au Cabinet d’Amateur. Le troisième, j’avais pris un papier très fin, du papier de patron, trop fin à manipuler, ni pour coller ni pour quoi que ce soit alors qu’habituellement, c’est du papier kraft blanc.

 

– Pourquoi caches-tu des détails de découpe qui ne sont visibles que si on s’approche au plus près ? Par exemple, les détails dans le mégot de cigarette.


detailRubbish3.jpgC’est de la découpe cachée dans la découpe, oui. Cela permet d’avoir un détail fin et minutieux. Il faut que le spectateur vienne voir de près, d’autant que cette pièce je l’ai gravée aussi. Cette gravure dans le bois, il faut la voir de près, voire la toucher. 

Le sujet principal sera toujours noir parce que ça fonctionne en positif-négatif. Le paper-cut en blanc n’est pas lisible. C’est la transparence qui va faire en sorte que ça va ressortir. Inversé sur un fond noir, ça ne marche pas non plus ou alors un peu comme fait Swoon d’une façon moins découpée, moins fine. Mais moi, ce n’est pas possible il faut que ce soit noir ou une couleur assez foncée. Après, éventuellement, je rajoute de la couleur sur les motifs ou sur la cigarette. Des pointes de couleurs qui vont faire ressortir un peu plus la pièce. Mais le noir est une couleur qui me plaît beaucoup.

 

 

– Dans tes tableaux, la construction semble très importante et, outre le paper-cut en lui-même, tout prend sa place, du bois vieilli peint et gravé, aux coulures de couleurs différentes en passant par un papier de fond. Pourquoi avoir intégré du papier dont on fait les patrons de mode à tes tableaux ?

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Je n’ai pas de thème précis dans mon travail, ma ligne artistique reste encore assez vaste. Mais je vais m’inspirer de toutes les choses que je vais rencontrer dans la vie. Un livre, un mot, une phrase peuvent m’inspirer, le monde des rêves et même la mythologie souvent en lien avec la découpe ou le papier. Le patron, par exemple, c’est parce que ma compagne est costumière, il y a donc beaucoup de patrons à la maison. Et je trouvais que ça faisait, avec ces lignes, une belle texture de fond pour mes papiers découpés. J’aime la couleur du patron beige, un peu vieillot, et texturé. Mais les coulures sont dessous encore, ça marche en transparence. Je peins d’abord le bois, je fais les coulures, je colle le patron, je colle le paper-cut par-dessus. Il y a des endroits où je vais déchirer le patron pour laisser ressortir encore plus le blanc du support. Cela fonctionne vraiment en superpositions.


Si on se penche sur ce qui apparaît du patron, cela ressemble à un jeu de piste…

Exactement. Sur tous les patrons que je mets, il est écrit « cut » ou « cut1 ». J’en mets à chaque fois sur chaque pièce. Je vais trouver ce mot sur le patron et le positionner pour qu’il se retrouve sur la pièce. Ce n’est pas un hasard.

 

– Où a-t-on le plus de chance de trouver dans les rues tes collages ?

A Paris ! 

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Je n’ai pas de lieu de prédilection. Si ce n’est qu’au départ, les premiers que j’ai collés, c’était rue Amelot. Je voulais coller sept visages en paper-cut avec l’étiquette « The Paper-Cut Show by Rubbish » et je voulais tout mettre dans cette rue. Je savais qu’il y avait différents spots intéressants. Il se trouve que ce soir là, il a plu et c’était une vraie galère. On n’en a collé que deux. Le lendemain, j’en ai collé un troisième. Mais je voulais rester dans ce coin là.

Comme je ne connais pas Paris, quand on vient il faut aller en repérage. C’est souvent dans l’urgence parce qu’on ne reste que 2-3 jours. Il faut aller repérer pour trouver un mur qui aille avec le sujet, donc c’est difficile. 

 

– Un mur qui aille avec le sujet ? 

Comment dire… déjà vis-à-vis de la texture du mur, de sa couleur.  Il y a tout un choix à faire là-dessus.

 

 

– Tu fais le choix aussi par rapport à une position stratégique dans Paris ?

Au début, je marchais comme ça. En me disant, en bon débutant street artiste, je vais mettre mon paper-cut à un endroit où on va le voir le plus. Maintenant, je ne suis absolument plus dans cette optique. Je préfère un bon mur qui convient parfaitement, un peu vieillot comme j’aime et qu’il soit au fin fond de Paris dans une petite ruelle bien perdue ne me dérange absolument pas. Ceux qui voudront le voir iront de toutes manières. Mais après, c’est au feeling. C’est suivant l’avis des gens qui m’hébergent et qui me conseillent des endroits. C’est un peu au coup de cœur.


 

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Et en dehors de Paris ?

Rien pour le moment. Dans ma ville, à Besançon, j‘ai commencé le pochoir il y a 2-3 ans. Mais dans une petite ville, on a vite su qui était Rubbish. J’ai donc choisi de ne plus m’afficher à Besançon. Dans d’autres villes, je ferai peut-être quelque chose. Mais il se trouve que c’est à Paris que j’aime coller. Si je voyage ailleurs, peut-être, aussi.

 

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Les projets ?

Le méga projet qui m’attend, c’est Le Mur d’Oberkampf au mois de janvier. Là, c’est un projet énorme, un mur de 8 mètres par 3. Je pense faire le plus gros paper-cut du monde… J’ai 2 mois pour bosser comme un fou là-dessus. 

Sinon des collages dans la rue il y en aura mais je ne sais pas encore où. 

 

 

 

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commentaires

Lucas Duplan clinkle 24/09/2014 07:57

Ainsi, avec produits de la ferme de viande et de fromage, de nombreuses régions du monde ont leur propre style de biscuit, si vieux est cette forme de nourriture.

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