Mercredi 18 août 2010
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"Sa peau voulut revêtir le maillot de la peur, mais le lustre de l'impression l'empêchait de se hérisser. La fenêtre était un monde de lignes noires. Elle s'approcha de la vitre. Un monstre aux
traits jaunes flotta devant ses yeux une fraction de seconde, mais elle s'attendait à son reflet dans la vitre et ne fut pas effrayée."
José Carlos SOMOZA - Clara et la pénombre
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Samedi 26 juin 2010
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12:33
"Seul puissant et bien en place : le Temps. Je me suis heurté à lui dans mon éclat, dans mon effroi, parmi les ruines où crisse encore mon obstination."
RENE CHAR - Fenêtres dormantes et porte sur le toit
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Mardi 20 octobre 2009
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11:06
Là, à dix semaines d'écart, dans ces moments vides du train, aux heures habituelles d'insomnie et ce qu'on brasse dans la nuit, revenaient ces images de l'incendie du Hilton, la déambulation dans
ces galeries vides, les rues noires et venteuses où nous errions, les mystères de la ville dans sa splendeur la plus contemporaine réduite à ce labyrinthe de courants d'air.
François BON - L'Incendie du Hilton
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Mercredi 8 juillet 2009
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16:36
C'est le langage, voyez-vous, qui génère la pensée, et c'est pure courtoisie d'appeler langage les quelques cent mots que nous possédons, les deux douzaines de verbes-à-tout-faire, l'indigence de
conjonctions et de prépositions, et cette façon que nous avons de recourir aux interjections, gestes et onomatopées pour combler les lacunes.
Roy LEWIS - Pourquoi j'ai mangé mon père
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Samedi 7 mars 2009
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/2009
13:42
Sur la photo, il me parut aussi stupide qu'il l'était à présent dans son ahurissement de cadavre : une vocation.
Amélie NOTHOMB - Le Fait du Prince
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Vendredi 16 janvier 2009
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12:27
Quand on me demande dans la rue un don pour les enfants handicapés, je refuse.
Je n'ose pas dire que j'ai deux enfants handicapés, on va croire que je blague.
Jean-Louis FOURNIER - Où on va, papa ?
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Mardi 2 décembre 2008
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00:26
- Moi, j'ai la chance, comprenez-moi, de m'aimer beaucoup. Cela réduit mon avidité et mes exigences envers le monde. Cependant je souhaite mener grand train, dans un vaste hôtel particulier du
XVIII
e siècle, avec une batterie de cuisiniers, un tailleur à demeure, deux chats qui ronronnent, des musiciens personnels,un parc, un patio, une fontaine, des maîtresses et des
soubrettes, et le droit d'injurier qui me chante. Mais personne ne semble songer à accomplir mes désirs. Personne ne cherche à m'acheter. Je suis trop compliqué et beaucoup trop cher.
Fred VARGAS - Un lieu incertain
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Jeudi 30 octobre 2008
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13:01
Je vous avais déjà parlé de leur
périple mais vous avez désormais la possibilité de vous procurer l'ouvrage qui raconte le Rio Negro et
l'Amazone, en pirogue, à la rame et à la voile. Et je remercie officiellement grandement et infiniment Marc - que j'ai croisé sur d'autres blogs - pour ce partage (et de m'avoir envoyé le livre
avec une aussi gentille dédicace).
"Dehors, depuis le fleuve, la forêt reste opaque. Un grand fronton sur un mur sans portes. Les colonnes s'élèvent pleines de morgue ou se tordent en ricanant. Le péristyle est monotone, embrouillé,
et le paysage se répète, hypnotique. On croit admirer, mais on ne voit rien. Trop de verdure étourdit.
On est drogué."
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Mercredi 6 août 2008
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00:57
"Je tombe dans le canapé marron, qui m'engloutit. Les genoux me remontent au menton, et mon pantalon au-dessus des socquettes. (...) Chaque tentative pour me dégager est cause que je m'enfonce
davantage. J'ai l'estomac comprimé, les poumons à l'étroit. Je suis oppressé. Cet intérieur modeste me sort par les yeux. Je vomis la classe populaire et ses meubles trop gros, ses bâtards
difformes et ses pattes de chevreuil, ses dessus-de-lit bon marché et son goût de chiotte. Ma petite bourgeoisie inspirée est au martyre."
Jean-Yves CENDREY - La maison ne fait plus crédit
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Mercredi 18 juin 2008
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00:47
"Même de l'image de ce qu'on n'a pas, on se passe.
Les rêves suffisent à pourvoir de l'ersatz pour tout ce dont le corps est privé."
Pascal QUIGNARD - Les Ombres errantes
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