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Les photos du thème "Abandon, ou lumière sur la matière" ont été exposées à l'atelier-Musée Adzak à Paris en Mars 2007.
Le projet "BikeP" a été exposé en juillet 2012 à l'Hôpital Rothschild, à Paris.
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Réalisé par Hong-jin Na
Avec Kim Yun-seok, Jung-woo Ha, Jo Seong-Ha...
Titre original : Hwanghae
Interdit aux moins de 12 ans avec avertissement
Thriller sud-coréen
Durée : 02h20
Année de production : 2011
Présenté au Festival de Cannes en sélection officielle d’Un certain regard, The Murderer est le second film de Na Hong-jin après The Chaser en
2008.
Gu-nam, est chauffeur de taxi à Yanji, ville chinoise, située entre la Corée du Nord et la Russie. Sa femme dont il n’a aucune nouvelle est partie depuis plusieurs mois en Corée du Sud pour
chercher du travail. Il l’attend, il désespère, et joue au mah-jong en y perdant son salaire tous les soirs. Or il doit aussi rembourser l’argent que lui a coûté le passage de sa femme en Corée.
Son débiteur exaspéré par son attitude misérable finit par lui présenter celui par qui tout arrive, Myun, le mafieux du coin qui le charge d’un contrat pour rembourser ses dettes : « Va en Corée
tuer quelqu’un pour moi ! ».
Il a 9 jours pour s’acquitter de sa mission et rentrer avant que sa mère et sa petite fille ne se fasse tuer, et accessoirement tout faire pour essayer de retrouver sa femme.
De bateaux de clandestins en planques, il s’approche du but sans jamais y parvenir. Puis, tout lui échappe.
Alors qu'il est sur le point de retrouver sa femme, celle-ci disparaît. C'est aussi le soir où Gu-nam comprend que le contrat qu’on lui a confié le dépasse et que les protagonistes de l’histoire
vont tout faire pour l'abattre. Poursuivi par des hommes de main ainsi que par toute la police de la ville il n’aura alors de cesse alors de fuir pour survivre.
L’histoire est si dense et les personnages si nombreux qu’il y a parfois une certaine ambiguïté à démêler les fils des contrats et les commanditaires. Les courses poursuites à couper le souffle montent encore d’un cran quand Myun arrive en Corée et le poursuit personnellement. Les scènes entre les deux hommes sont d’une tension extrême et l’énergie qu’ils déploient semble surnaturelle. Intense et précise, la mise en scène nous met au cœur de carambolages à une vitesse vertigineuse tant et si bien qu'on doute avoir vu de telles cascades auparavant.
Ce polar noir aux personnages hors normes n’est pas dénué d’un certain humour tant les situations lorgnent vers le manga et la démesure. Myun tue à la hache trois individus ayant pénétré de nuit
dans sa chambre et assume la même tâche avec un os s’il n’a rien d’autre sous la main. Lorsque aucun de ses hommes n’obéit assez vite, il n’hésite pas à se jeter à l’eau – au sens propre – pour
parvenir à ses fins. C’est un méchant aux forces surhumaines, Gu-nam doit donc être en mouvement perpétuel pour lui échapper et incarner lui aussi un personnage indestructible.
Gu-nam traverse blessé des montagnes enneigées, échappe à la police, échappe à tous ses poursuivants, devient un vrai criminel et n’hésite plus à passer à tabac ceux dont il peut obtenir des
informations mais ne cesse pourtant de penser à sa femme et gardera jusqu'à la fin la photo de leur fille comme un talisman.
Cette tragédie en quatre actes parvient à mélanger des scènes de poursuite haletantes ou d’une extrême violence avec des moments de solitude et de silence. Sans se départir d’une réflexion sur la
vie et sur la place de chaque chose, ce film d’action réalisé avec maestria mérite d’être vu et revu une seconde fois pour la ramification de l’histoire.
Drame / Film historique
Avec : Mélanie Laurent , Gad Elmaleh , Jean Reno...
Durée : 1h59 min
La Rafle, film réalisé par Rose Bosch, sortira sur les écrans le 10 mars.
Hier soir, un groupe de blogueurs dont je faisais partie a été convié par Gaumont (et moi, grâce à aratta) pour une avant-première sur un pan de l'Histoire de France encore peu révélé.
Nous étions venus dans un esprit bon enfant, nous en sommes repartis un peu bousculés. Pourtant nous savions quel était le thème du film : la rafle du Vel d'Hiv, l’arrestation organisée par la police française, la faiblesse de Pétain face à Bousquet, le fichier Tulard et la déportation de plus de 13000 juifs les 16 et 17 juillet 1942.
La réalisatrice qui semble à bout de force vient nous dire quelques mots et présenter son travail. Elle nous confie qu’il paraît que nous sommes une sorte de société secrète, nous, blogueurs, avec ses codes. Cela nous amuse, d’autant plus que nous avons certainemant tous lu grâce à Twitter le mot d’André Gunthert en réponse a un certain article de Libé, prévoyant notre fin imminente.
Lorsque Rose Bosch nous parle de son film, nous comprenons que ce devoir de mémoire est une réelle aventure humaine : 3 ans et demi de recherches et 5 ans d’émotions à porter à bout de bras. Elle nous parle de sa volonté de véracité, d’être au plus juste dans la restranscription de ce qui s’est passé, qu’elle n’a rien inventé : « non, je n’ai pas eu à forcer le trait, c’est réellement ça et même dans les détails, dans tous les petits détails ».
Elle nous raconte qu’elle a également essayé de refilmer à l’identique les scènes d’archives comme les images d’Adolf Hitler avec Eva Braun à Berghof car il est vrai qu'on se souvient de ces scènes.
Ce devoir de mémoire était urgent, nous dit-elle, car il ne reste que très peu de survivants pouvant témoigner de l’authenticité des événements et de leur enchaînement. Ce qui s’est passé,
au delà du sentiment de culpabilité des survivants et du silence d’un pays libéré plus enclin à la joie, vaut davantage que quelques lignes dans un manuel d’histoire.
En acceptant d'aller voir ce film, on redoute le sordide ou l’étouffement. On pense à «Blindness», issu du livre l’Aveuglement de José Saramago, film opressant sur l’enfermement et les rapports de domination dans un milieu confiné. On pense au film «La Route» issu lui aussi d’un livre, le Prix Pulitzer de Cormac McCarthy, où la peur est palpable et la barbarie bien trop reconnaissable. Mais le film de Rose Bosch ne s’attarde pas sur l’horreur, la délation ou la mesquine cupidité. Et pourtant cela aurait été si facile. Non, il montre les faits mais s’attache à l’humanité de chacun, au positif, à une image à hauteur d’enfant.
Rose Bosch nous a aussi révélé qu’elle n’a pas voulu raconter aux enfants, à ces petits acteurs, ce qu’ils jouaient réellement pour protéger leur innocence, qu’elle leur a juste dit : «il y a les méchants et il y a vous». Ce souci du respect de l’enfant traduit bien sa position génereuse et respectueuse face à la vie, et cela se voit et se ressent dans le film.
La seule chose qui dessert l’intensité de ce film c’est sa bande son, bien trop présente et aussi peu naturelle que des rires enregistrés dans les sitcoms. En lieu et place des violons, une absence de musique à certains moments aurait sans doute laissé plus sûrement l’ampleur dramatique se mettre en place.
Mais j’ergote. Ce film nous apprend des choses, nous pose des questions. Allez-y, vous vous ferez une idée.
Réalisé par Fernando Meirelles
Avec Julianne Moore, Mark Ruffalo, Alice Braga
Drame fantastique japonais, brésilien, canadien.
Par un hasard improbable, je vous ai déjà parlé de L'Aveuglement, le livre de José Saramago, écrivain portugais, et Prix
Nobel de littérature en 1998.
Ce film est l'adaptation du livre et je le déconseille aux âmes sensibles. L'enfermement et les rapports de domination y sont trop bien rendus.
Les extraits sont plus sobres que ne l'est le film. Mais il s'agit bien du réalisateur de La Cité de Dieu...

Vus et aimés depuis le début de l'année :
No Country for
Old Men
Thriller
Date de sortie : 23/01/2008
De Joel Coen, Ethan Coen
Avec Tommy Lee Jones, Javier Bardem
Une fantastique course poursuite avec deux millions de dollars, à travers le Texas, avec sur ses talons un tueur psychopathe qui joue la vie ou la mort à pile ou face.
There Will Be
Blood
Drame
Date de sortie : 27/02/2008
De Paul Thomas Anderson
Avec Daniel Day-Lewis, Paul Dano
Le Texas, c'est aussi l'histoire de l'or noir : des espaces à perte de vue, des puits de pétrole, un peu de religion et le destin qui vous poursuit que vous soyez prospecteur
ou incarnation du Messie.
Eldorado
Comédie dramatique belge
Date de sortie : 18/06/2008
Réalisé par Bouli Lanners
Avec Bouli Lanners, Fabrice Adde, Philippe Nahon
Road-movie belge et déjanté, où les cadrages sont d'une recherche esthétique rare et vous font croire que vous êtes sur les routes américaines.
Bons Baisers de
Bruges
Policier
Date de sortie : 25/06/2008
De Martin McDonagh
Avec Colin Farrell, Brendan Gleeson
Cela commence comme une visite onirique de la ville avec ses rencontres décalées entre tueurs à gages et nain star de ciné et fini en course poursuite surréaliste.
Vus ces derniers temps :
My
Blueberry Nights
Réalisé par Wong Kar-Wai
Avec Norah Jones, Jude Law, David Strathairn
Road-movie esthétisant.
Paranoid Park
De Gus Van Sant
Avec Gabriel Nevins, Jake Miller
Drame nébuleux et fantasmé.
Promets-moi (Zavet)
De Emir Kusturica
Avec Marija Petronijevic, Uros Milovanovic
Comédie déjantée et absurde.

Réalisé par Céline Sciamma
Avec Pauline Acquart, Adèle Haenel, Louise Blachère
Drame français
Naissance des pieuvres a été présenté au Festival de Cannes 2007 dans la section Un Certain Regard.
"La naissance de la féminité, versant cruel", titrait Le Monde. Car oui, de la cruauté, il y en a. Insidieuse. Mais il y a aussi de la sensibilité. Il n'est pas ici question que de la "difficulté de vivre une pulsion homosexuelle à 15 ans", il s'agit de ce qu'on est prêt à accepter ou non (passer pour la fille la plus délurée du groupe et avoir peur de la première fois, tenir la chandelle pour être tout de même là, fouiller des poubelles, attendre nue dans les vestiaires qu'un garçon entre...). Ces constructions d'identité sont hasardeuses et les passages à l'acte traumatisants car la pression normative détermine ces agissements.
Le parti pris est radical : pas d'adultes ou si peu, pas de conversations, pas de confidences. A trop vouloir ne pas juger, nous montrer les faits, le film s'étire, perd de sa vie et ne nous laisse que le malaise de ces vies en tâtonnement et pourtant déjà marquées, prêtes à ne pas se respecter pour glaner un peu d'amour - ou pire, de ce que la société dit être de l'amour.
Les passages sur la natation synchronisée qui devaient montrer la rigueur, l'effort et l'abnégation ne remplissent pas leur rôle et finissent par n'être que le décor, rendant ainsi certains
passages longs et manquant cruellement de dialogues.
Si je suis un peu dure c'est que ce n'est pas un mauvais film, c'est un "premier film"... qui aurait pu être renversant.
Réalisé par Marjane
Satrapi, Vincent Paronnaud
Réalisé par Rian Johnson
Avec Joseph Gordon-Levitt, Lukas Haas, Nora Zehetner
Thriller américain.
"Brendan Frye est un garçon solitaire qui préfère se tenir à l'écart de ses camarades. Jusqu'au jour où son ex-petite amie, Emily, tente de reprendre contact avec lui, avant de disparaître."
Présenté en compétition au dernier festival du film américain de Deauville, Brick est un film peu commun qui a remporté le Prix Spécial du Jury lors du Festival de Sundance 2006. A proprement parler, ça ne ressemle pas à un film "américain" au sens habituellement galvaudé. Nous sommes plutôt ici dans la lignée des films de Lynch où l'histoire n'est pas servie sur un plateau. Brick sert des dialogues de romans noirs avec une mise en scène épurée - une photo étudiée et un rythme propre, des clins au spectateur (les magnats de la drogue rassemblés autour de la table à qui la mère de famille sert le goûter) , des références cinématographiques (au Faucon Maltais par exemple) et des trouvailles digne des meilleurs gags (quand Brendan enlève ses chaussures alors qu'il est poursuivi par un tueur) ou des meilleurs réalisateurs (la mise en images des rêves de Brendan). Le tout est noir, vif, intelligent et remarquablement filmé.
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